‹ Histoire de RomeChapitre 87 sur 200 · Voir P. 104, n · texte numérisé non relu

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6. Ager Padusinus, de padus, le P6ô. Le Polésine, situé entre l’Adige et le Pô, dont Rovigo était la capitale et où coule le Tartare, est une terre fertile par excellence et que s'étaient disputéede tout temps les États voisins ; les Vénitiens l’occupaient depuis 1484.

Savoie aurait le royaume de Chypre ; il n’était pas jusqu’au roi d'Angleterre qui ne fût convié à la curée. Aucun des confédérés ne devait renoncer à poursuivre la guerre avant que chacun ait reçu satisfaction 1.

Ce n’était pas un mince succès pour la politique pontificale d’avoir réussi à faire agir de concert avec lui des éléments aussi hostiles que le roi d'Espagne qui naguère, en juin 1507, rentrant de Naples ?, avait passé sans débarquer devant Ostie où le pape s'était rendu pour le voir * et voulait faire pendre ses courriers 4, l’empereur qui méditait de le déposséder, et le roi Louis XII, qui ne pouvait manquer de ressentir du dépit de ce que Jules IT avait attribué sans le consulter les bénéfices vacants dans le Milanais et se refusait à conférer le chapeau, devenu disponible par la mort du cardinal Ascanio, soit à l’évêque d’Auch, soit à celui de Bayeux. « Toute l'Italie me tient pour mort, disait Louis XII en décembre 1505; je donnerai à entendre au Saint-Père que je ne le suis pas ÿ. »

La cour de France entreprit de se rendre favorable l’opinion publique, dont on commençait à avoir besoin, en organisant une campagne de pamphlets. À peine l’imprimerie avait-elle été inventée, qu’on s’était aperçu de son importance en ce qui touchait à la propagande. Sous l'inspiration de Louis XII, les libelles se multiplièrent. Jean le Maire de Belges publia la Légende des Vémitiens par laquelle est démontré le juste fondement de la guerre contre eux (Lyon, vers 1509). André de La Vigne donna le Zrbelle des cinq villes d'Italie contre Venise, qu'avait précédé la Louange des Rois de France.

Jean d’Auton écrivit des Épîtres envoyées au Roï… sur les faits de guerre de Venise, Lyon, 1509. Les Ballades de bruit commun sur les alliances des Rois. avec le Tremblement de Venise est vraisemblablement de l’année 1508.

De son côté, Jules II, en vue de la guerre prochaine, entassait l’or dans les caisses du château ; la mort du cardinal Ferreri (S. Vital), qui succomba en trois jours ?, lui rapporta, on l’a vu, 20 000 ducats (25 mai 1508).

Au fond, Jules IT aurait préféré ne pas faire la guerre ; plus voisin du danger turc que Louis XII ou Maximilien, il sentait combien l’État vénitien importait à la sécurité de l’Europe. Il aurait souhaité qu'il s’humiliât et se diminuât de bonne grâce. « Si la République de Venise n'existait pas, dit-il à l’envoyé de la Sérénissime, il faudrait la créer #,» En outre, il lui répugnait sans doute de mêler lui-même de plus*en plus les étrangers aux affaires d'Italie, dont il ne rêvait qu’à les exclure. Aussi, avant d’engager les hostilités, pratiqua-t-il le doge, lui offrant de travailler à dissoudre la ligue si satisfaction

1, JEAN Dumonr, Corps universel diplomatique, Amsterdam, 5. En réalité, la santé du roi allait déclinant. Déjà en 1505, on

1731, P. 116. — MACHIAvVEL, dans Le Prince, chap. III, critique violemment le roi de France au sujet de ce traité.

2. Où il avait été s’assurer de la personne de Consalve, dont il commençait à redouter l’ambition.

3. Il s'était rencontré avec le roi Louis XII à Savone où il avait jeté les bases de la Ligue de Cambrai.

4. Ferdinand avait exprimé au vice-roi de Naples (mai 1508) un vif mécontentement parce qu’il n’avait pas fait pendre un courrier de la cour de Rome qui avait publié dans le royaume un mandat de cette cour. Lettres du roi Louis XII, p. 109.

l’avait cru mourant et, le 3 mai, il avait rédigé un testament politique. Pourtant, en 1500, il déclarait à l’envoyé florentin qu’il ne s'était jamais mieux porté. Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane.…., p. 500. — ERNEST LAVISsE, Histoire de France, vol. V!, p. 75.

6. Auton avait composé, l’année précédente, un pamphlet du même genre sur la révolte et la prise de Gênes : L’Exil de Gênes la Superbe, Paris, 1508. \

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