PASTOR, vol. ITI, p. 649. — Canru, vol. VII, chap. CXXXI
3. GREGOROVIUS, vol. IV, p. 417, n. 113, cite Paolo Lang, Cron. Citizense. — GuiccrARDINI, liv. X, dit : « Non ritineva di Pontefice altro che l’habito e il nome ». Il parlait en florentin, maisdisait vrai, la vie de Jules ITentièrele prouva. «Il délaissa (Jules IT), lit-on (il est vrai) dans le Mystère d’Iniquité, la chaire de S. Pierre, pour prendre le titre de Mars, dieu des Batailles, desployer aux champs les trois couronnes et dormir en eschaugete ;et Dieu scait comme ces mitres, croix et crosses estoient belles à voir voltiger parmi les champs ; le diable n’avait guarde d’y estre, car on faisait trop bon marché de bénédictions. » PHiLiPpe pu PLessis Mornay, Le Mystère d'Iniquité, Genève, 1612, p. 1290. — MonsTReLeTr, Nouvelles
additions. Cf. volume III des Chroniques, Paris, 1595, fol. 113 v. — ROBERTO BELLARMINO, Tractatus de Potestate Summi Pontificis, Rome, 1610, justifie les guerres de Jules II. Rabelais devait écrire un peu plus tard (liv. IV, chap. IV) : « Je les ai vus (les derniers papes) non amusse ains armet en tête porter timbré d’une tiare persique. Et tout l’Empire chrétien étant en paix et silence, eux seuls guerre faire félonne et très cruelle. » C’est Panurge qui parle.
4. En 1510, on conduisait le jeune Federico Gonzaga au château Saint-Ange pour lui montrer le trésor pontifical ; il vit cinq armoires pleines de vases d'argent et d’or, des croix et des ornements ayant appartenu à des cardinaux, une croix ornée d’une pierre précieuse offerte par le roi de Portugal et qui venait de l’Inde, les douze apôtres en or et des mitres. A. Luzio, Federico, p. 509.
5. Manuscrit de Tizio cité par Cugnoni dans Archiv. Soc. Rom. di Stor. Patria, vol. III, p. 295.
104 LE: PONTIFICATUDE JULES A1
L'argent circulait moins abondamment ; les cardinaux se resserraient en vue d’une guerre prochaine ou d’un conclave, car, dans l’entourage du pape, on envisageait sa mort dans un bref délai !.
L'opinion publique poussait Jules II dans la voie de la guerre ; les humanistes, dont l'influence en littérature devenait prépondérante, lui rappelaient les magnifiques exemples de la Rome antique et les lui proposaient comme modèles ; les poètes chantaient par avance ses hauts faits. Un vent de guerre soufflait sur l'Italie. Le marquis de Mantoue exprimait bien le vœu de tous quand il proclamait qu'il fallait rendre «l'Italie aux Italiens »?, et Jules IT pensait comme lui; le plan qu'il s’était formé peu à peu, et qu’alors il était résolu à faire prévaloir, était d’assurer l'indépendance absolue du Saint-Siège, en chassant tous les étrangers, de maintenir et de grandir son ancien prestige, d’équilibrer les forces des autres États en Italie et finalement de faire la guerre au Turc. D'ailleurs, sa conception d’un État se rapproche beaucoup de celle de Machiavel, de Vettori, de Guicciardini, de celle qui allait prévaloir dans bien des États d'Europe pendant près de trois siècles.
En avril 1510, Jules II passa à Ostie une revue de ses troupes ; les préparatifs de guerre continuaient, Rome semblait une place d’armes. De nouveau, des avertissements célestes annonçaient aux populations terrifiées de graves événements ; on vit dans le ciel une grande comète double dont la queue,en forme d’épée flamboyante, était tournée vers le Nord (décembre 1510)%. L'année suivante, un moine fut tué à Crémone par une pierre tombée du ciel 4 On entendait dans les airs des bruits de trompette et des roulements guerriers.
La mort du cardinal de Rohan, survenue le 25 mai 1510, remplit d’espérance la cour de Rome * et rendit le pape beaucoup moins traitable 6.
L'empereur d'Allemagne ne semblait nullement capable de le gêner dans ses desseins ; on venait de le voir à l’œuvre, timoré, hésitant, inquiet à juste titre. Par manque d’argent, il ne pouvait entretenir ses troupes que par fractions ; lorsqu'un contingent arrivait, 1l