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EXTENSION DE L'ITALIE JUSQU'À SES FRONTIERES NATURELLES

lus tard les Romains écoutèrent les propositions des révoltés de Sardaigne, et reçurent de leurs mains la portion de la Sardaigne qui avait été entre les mains des Carthaginois, 516

Ainsi Rome acquit sans effort la Sardaigne, à laquelle elle ajouta la Corse, l'antique possession étrusque dans laquelle, depuis la dernière guerre peut-être, étaient restées quelques garnisons romaines.

Les Illyriens de Skodra devinrent tributaires des Romains;

on établit connue dynaste dépendant de Rome et son allié sur les

îles Dalmates et sur les côtes, Demetrius de Pharo, qui avait passé du service de Teuta à celui des Romains. Les villes grecques de Kerkyra, Epidamnos, Apollonia et les communautés des Atintani et des Parthini, furent attachées à Rome par les liens peu pénibles de la symmachie. Ainsi, comme la Sicile et la Sardaigne, les plus importantes stations maritimes de l'Adriatique étaient soumises aux Romains.

Une politique bien entendue commandait aux Romains de prendre possession des territoires qui s'étendaient jusqu'aux Alpes aussi rapidement et complètement que possible. Cependant les Romains ne se hâtèrent pas : de sorte que les Celtes commencèrent eux-mêmes la guerre. Les généraux celtes marchèrent sur l'Apennin avec cinquante mille fantassins et vingt mille cavaliers ou soldats combattant sur des chariots, 529 (225).

Les Celtes trouvèrent l'Apennin à peine gardé et pillèrent sans combat les riches plaines du territoire toscan, qui, depuis longtemps, n'avaient pas vu d'ennemis. Bientôt ils furent près de Clusium, à trois jours de marche de Rome, lorsque l'armée d'Ariminum, commandée par le consul Papus, parut dans leur plaine, tandis que la milice étrusque, qui, après que les Gaulois avaient traversé l'Apennin, s'étaient réunie sur leurs derrières, suivait la marche de l'ennemi. Un terrible combat de cavalerie s'engagea, et plus d'un brave Romain y périt avec Régulus luimême; mais celui-ci n'avait pas sacrifié sa vie en vain. Dix mille Celtes avec leur roi Cocolitanus furent faits prisonniers, quarante mille restèrent sur le champ de bataille. Ancerestus et sa suite s'étaient, suivant la coutume celtique, donné eux-mêmes la mort.

Les Boïens se rendirent sans résistance l'année suivante 530 (224) après les Lingons, et l'année d'après, 531 (223), les Anari imitèrent leur exemple; par là toute la plaine jusqu'au Pô se trouva entre les mains des Romains. La conquête de la rive septentrionale coûta de plus rudes combats. Mais après une bataille d'abord à moitié gagnée par les Celtes, mais décidée à la

fin en faveur des Romains, le consul Gnaeus Spicio prit d'assaut la capitale des Insubres, Mediolanum, et ce succès, joint à la prise de la ville de Comum, mit fin à la résistance.

La frontière des Alpes était atteinte, en ce sens que toute la plaine du Pô était, ou bien sujette des Romains, ou, comme ie territoire Cénoman et Vénète, possédée par les alliés dépendants.

On se hâta de couvrir de villes romaines les fertiles territoires nouvellement acquis. Déjà on avait fondé sur le Pô lui-même la solide forteresse de Placentia (Plaisance), pour couvrir le passage du fleuve; déjà on avait établi Crémone sur la rive gauche, et Ton avait beaucoup avancé la construction des murs de Mutina (Modène), lorsque des événements inattendus vinrent empêcher les Romains de continuer à recueillir les fruits de leurs succès.

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