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LA REVOLTE DES SUJETS ITALIOTES ET LA RÉVOLUTION SULPICIENNE

.ussitôt que la révolution eut éclaté, les Italiotes entrèrent dans le mouvement et l'agitation des partis romains dans le but d'obtenir l'égalité des droits.

Or, au lieu des modifications attendues, on édicta, en 659 (95), une loi consulaire qui défendait absolument aux noncitoyens de réclamer la franchise, et menaçait les transgresseurs de jugement et de punition.

Les Italiotcs n'avaient plus d'autre ressource que de se. soumettre patiemment ou de renouveler une fois de plus, et si i ela était possible, avec des forces combinées, la tentative qui avait été écrasée au berceau trente-cinq ans auparavant par la destruction de Fregelles.

L'insurrection éclata à Asculum et toute l'Italie centrale et méridionale fut bientôt en armes contre Rome.

Les Etrusques et les Ombriens restèrent attachés à Rome.

A Rome, toute affaire cessa, et l'on ne s'occupa plus que de la levée des soldats et de la manufacture des armes.

L'armée du sud, commandée par César, essaya de prendre l'offensive et de venir en aide aux petites divisions qu'on avait envoyées en avant dans le Samnium. Mais César fut repoussé par les Samnites et les Marses commandés par Publius Vettius Scato, avec des pertes sensibles.

Toute la Campanie jusqu'au Vésuve fut perdue pour les Romains; Salerme, Stabiae, Pompéi, Herculanum, se déclarèrent pour les insurgés.

Cependant, Marius pénétra graduellement dans l'intérieur du territoire marse. Il refusa longtemps la bataille; lorsqu'il la donna enfin, il vainquit son impétueux adversaire. Dans un second engagement, l'armée de Marius et le corps de Sylla qui appartenait à l'armée du sud, contribuèrent ensemble à infliger aux Marses une défaite encore plus considérable, qui leur coûta six mille hommes.

Dans le Picenum, les Italiotes se trouvèrent confinés à Asculum et la guerre fut de nouveau convertie en siège.

Enfin, il devint nécessaire d'envoyer contre les Ombriens Aulus Plotius, et contre les Etrusques Lucius Porcius Caton.

L'esprit public était singulièrement affaissé.

En conséquence, les portes de la cité romaine, qui avaient été si longtemps fermées à toutes les supplications, s'ouvrirent soudainement. Une loi présentée par le consul Lucius César

conféra le droit de cité aux citoyens de toutes les communautés des alliés italiotes, qui ne s'étaient pas déclarés ouvertement contre Rome.

Renforcés par ces concessions accordées aux cités hésitantes, les Romains reprirent avec une énergie nouvelle la guerre contre les districts insurgés.

En Ëtrurie et en Ombrie particulièrement, où elle venait de commencer, elle fut réprimée avec une singulière rapidité.

Les portes d'Asculum furent ouvertes, et les exécutions romaines succédèrent à celles des Italiotes. Les Romains s'avancèrent de nouveau jusqu'à Venusia et Rubi, et devinrent maîtres de toute l'Apulie : les Marses furent battus par les lieutenants de Strabon.

L'armée romaine du sud, qui était maintenant commandée par Lucius Sylla, avait dans le même temps pris l'offensive et avait pénétré dans la Campanie méridionale qu'elle soumit jusqu'à Nola.

L'insurrection en sortit profondément humiliée, battue partout, et sans espérance.

Rome était dans une terrible agitation.

Il suffit d'un accident pour faire éclater la révolution.

C'est alors que le tribun du peuple Publius Sulpicius Rufus en 666 (88), proposa aux citoyens de déclarer que tout sénateur qui devait plus de 2 000 denarii (2 050 francs or) perdrait son siège au sénat; d'accorder la liberté aux citoyens condamnés par d'autres cours que celle des jurés; de distribuer les nouveaux citoyens dans toutes les tribus, et d'accorder aux affranchis le droit de voter dans toutes les tribus.

Ces propositions rencontrèrent la résistance la plus décidée dans la majorité du sénat. Sulpicius répondit par un tumulte violent. Le sénat fut obligé de céder et les propositions de Sulpicius passèrent sans opposition.

Sulpicius, pour parer Le coup qu'il prévoyait, courut le

dessein d'enlever à Sylla le commandement suprême. Sur sa proposition, Caïus Marins fut, par décret du peuple, investi du pouvoir suprême extraordinaire ou, comme on l'appelait, proconsulaire, et obtint le commandement de l'armée de Gampanic et la direction de la guerre contre Mithridate.

Sylla n'était pas homme à se rendre à cette sommation.

Il rassembla ses soldats, six légions formant environ 35 000 hommes, leur fit part de la sommation qui était arrivée de Rome. De tous côtés s'éleva le cri qui demandait au général de conduire l'armée à Rome. Le consul partit sans délai. Le corps d'armée rapidement rassemblé par Marius et Sulpicius, l'attendait et repoussa avec des forces supérieures la marche des premières colonnes. Mais il vint des renforts par les portes : une autre division de Sylla se prépara à tourner les défenseurs par la rue de Subura : ceux-ci furent donc obligés de se retirer. Marius essaya encore de résister, et adjura le sénat et les chevaliers et tous les citoyens de se porter en avant des légions; ce fut en vain. Quelques heures après, Sylla était maître absolu de Rome.

Naturellement, les lois de Sulpicius furent considérées comme légalement nulles.

Sulpicius fut mis à mort et Marius s'enfuit.

Sylla osa renverser une organisation électorale qui subsistait depuis plus d'un siècle et demi, et restaurer le cens électoral qui était depuis longtemps hors d'usage. Il osa retirer en pratique le droit de législation à ses deux instruments habituels, les magistrats et les comices, et le transférer à un conseil qui n'avait joui jusquelà d'aucun autre privilège que d'être consulté. Jamais démocrate n'avait rendu la justice avec des formes si tyranniques, ou renversé et rétabli les fondements de la constitution avec une audace pareille à celle de ce réformateur conservateur.

Cependant, dans les comices consulaires, le choix ne tomba pas sur les candidats désignés par Sylla; mais on vit Lucius Cornélius Cinna, appartenant à l'opposition la plus décidée,

associé à Gnaeus Octavius, qui appartenait au parti aristocratique. Peu de temps après, son propre consulat expira, et son successeur Cinna, d'une part, le pressait de partir pour l'Asie, où sa présence était certainement très nécessaire. Sylla confia la conduite du siège de Nola au propréteur Appius Claudius, et s'embarqua avec ses légions au commencement de 667 (87) pour l'Orient hellénique.

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