‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 100 sur 188 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

et couvrit de ses eaux toutes les plaines qui en longent les rives. Du côté de Saint Sever , la chaussée qui menait au monastère de Saint- Mathieu ( les Emmurées ) , était couverte de trois pieds d*eau. L'inondation était encore plus forte sur la rive droite. La chaussée de Martainville , qui conduisait de la ville à Sainte-Catherine , était h six pieds sous l'eau. Aux pluies de janvier suc* céda, en février, un froid très rigoureux , et la gelée se prolongea jusqu'au mois d'avril '.

Mais , de toutes ces misères , il n'en était aucune qui parût plus intolérable au peuple que les nouvelles taxes imposées par la royauté et par l'administration municipale. Il ne se rendait pas compte des besoins nouveaux d'un royaume où l'administration s'organisait , et d'une ville qui prenait de si grands accroissemens. Déjà , en 1 276 , le roi avait été obligé de supprimer la rnaltôte , qu'il avait tenté de lever à Rouen ^. En 1288, il fallut que des commissaires royaux vinssent à Rouen , pour y régler, de concert avec le maire, l'administration

■ « Tant^ fuit abundantia aquarura circà octavam Epipbaniaî quèd alveus Sequanse tribus pedibus asccndebat super calceyani versus S. Mathœum , et sex pedibus super calceyam de Martain<> YÎIlâ , et per totum mensem februarii sequentem continué fuit gelu gravissimum , et duravit usquè ad kalendas aprilis. » Ckron. mscr. eccles. Rothomag. ; ibidem.

' Recueil des Olim , II , 82.

financière. Thomas , évêque de DôIe , Mathieu , abbé (le Saint-Denis , et Simon de Clermont , seigneur de Wesle, convoquèrent une assemblée générale des bourgeois de Rouen , d'accord avec les magistrats municipaux. L'exposé qu'ils firent des besoins de l'état et de la ville, détermina la commune à accorder un nouvel impôt de deux oboles par livre, sur toutes les transactions commerciales qui se feraient à Rouen. Ce droit devait être payé« moitié par l'acheteur, et moitié par le vendeur. Le roi en percevrait les deux tiers, et le maire l'autre tiers. La commune , en accordant cet impôt , déclara qu'elle agissait ainsi seulement par grâce , et sans déroger à ses franchises '. Mais l'exemple était donné , et nous la verrons bientôt forcéfe de subir des taxes sans les avoir accordées.

Malgré cette atteinte portée par elle-même à ses privilèges , la ville de Rouen paraissait dans une si- „ tuation chaque jour plus florissante. On en trouve la preuve dans les acquisitions qu'elle fît à cette époque. En i283, elle acheta, de la famille du Val-Richer , les trois moulins de Martainville , de la Brelèque et de Déville'. Déjà saint Louis, en lui vendant les moulins banaux , l'avait affranchie

• Archives municipales , reg. H , f* 49. ' Ihideni , tiroir 20, n° 2.

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