‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 101 sur 188 · CHAPITRE DIXIÈME. 1270— i285. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME. 1270— i285. i

d'une servitude pénible pour une riche bourgeoisie. En effet, à l'exception des moines de Saint-Ouen , auxquels Richard Cœur-de-Lion avait accordé plusieurs moulins dans Rouen , il fallait que tous les habitans portassent leur blé au moulin seigneurial. Ce droit féodal de mouture appartint à la commune, à partir de 1262, et elle s'efforça de l'étendre par l'acquisition des moutins situés hors de la ville. Elle voulut même, dans la suite, enlever h l'abbaye de Saint-Ouen le privilège de franche mouture , et ce fut une des causes de querelle entre les moines et les bourgeois.

Vers le même temps , la ville acquit du roi , moyennant une rente de soixante-dix livres de monnaie usuelle de Rouen , plusieurs places vides qu'elle sut utiliser. Philippelui cédait d'abord un terrain situé dans la paroisse Saint-Eloi, et s'étendant de la maison des Béguines ' et de la rue des Frères Prêcheurs » à la Seine , borné d'un côté par les remparts , et de l'autre par la propriété de Nicaise d'Orbec. On réservait seulement un chemin le long de la Seine. C'est probablement la place Henri IV actuelle, avec les rues adjacentes. Le bailli cédait aux bourgeois , par la même charte , une place sur le port des -Bateliers de Saint-Ouen,

■ Rue du Vieux-Palais.

' Rue de Fontenelle.

jre COMMUNE DE ROUEiV,

dans les paroisses de Saint-Cande-le-VieuK et de Saiiit-Martiii ; elle comprenait la partie des quais , située entre les rues du Bac et Grand*Pont. I-e quai aux Meules , placé alors sur la rive droite de la Seine , la maison des Lépreux , située à la porte de Saint-Ouen, près des remparts de la ville 9 anfin , dans le même endroit , la maison où l'on déposait la terre à foulon , avec une place vide qui l'avoisioait, faisaient partie des nouvelles acquisitions de la commune'. Elles prouvent que la ville continuait à s'étendre; qu'en dehors des remparts on voulait utiliser les quais, et, dans l'intérieur, élever des maisons sur toutes les places jusqu'alors abandonnées. L'ardeur pour les constructions paraît avoir été très grande à cette époque. Nous voyons, en effet, au xiii* siècle, la cathédrale se relever , Saint-Ouen et Saint-Amand=* s'entourer de murs. La ville s'étend sans cesse, et répare tous les désastres causés par les incendies. Et cependant, ils avaient été nombreux et terribles $ous saint Lpuis, comme aux époques précédentes. Ep 19-38, le feu avait dévoré toutes les maisons

» Archives municipales, tir. 324, n*» 2. —Voyez, aux Pièces justificatives, cette charte importante pour la topographie de Rouen , au i^inc siècle.

' Archives départementales , cartulairf de Saint-Amand » f 1

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