‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 114 sur 188 · CHAPITRE DOUZIÈME. iS · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME. iS

femme j devront l'habiter de la Toussaint à la veille ^e la Saint-Jean-Baptiste, à moins qu'une maladie :aae les en tienne éloignes.

Il pourra s'absenter de la veille de la Saint- Jean- ISaptiste à la veille de la Toussaint , pour faire ses dfoinSy moissons ou vendanges. Il devra , cependant, se rendre à la ville pour toutes les grandes fêtes de l'année. Si le nouveau bourgeois n'est pas marié , il devra entretenir un valet en son absence dans la ville qu'il aura choisie y et sera tenu d'y paraître luimême à toutes les grandes fêtes. Le bourgeois qui n'observera pas ces conditions, perdra tous ses droits. Il est évident que cette ordonnance -était dirigée contre les communes, dont la puissance inquiétait Philippe-le-Bel. Le résultât de ces mesures devait être la diminution des bourgeois , par les entraves qu'on apportait à leur réception , et les obligations <]u'onleur imposait.

Quant à la commune de Rcruen, en particulier, elle était bien déch^ue, et elle recevait Ciha que jour de nouvelles atteintes. En i3o3, 'ï^hilippe-le-Bel écrivait à son bailli d'examiner quelle ^tait la nature des droits de hanse que le maire ^e Rouen percevait sur les marchandises. 11 paraissait , d'après cette lettre , disposé à les confisquer à son profit *. Cependant, la commune les conserva

* Archives municipales, rejç. !?, f 194 verso.

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jusqu'à la fin du xiv* siècle. Les autres corpor^* lions profilaient de son affaiblissement pour étendr*^ leurs privilèges. Déjà les bateliers de Paris descerm— daienl la Seine , et ne payaient plus de droits qu'au y^ péagers du roi. L'Université de Paris commençai, aussi 9 à cette époque^ à entrer en lutte avec la com ^ mune. Cette filie aînée des rois de France était y aux yeux dePhilippe-le-Bel, un des soutiens de l'autorité centrale j et elle avait obtenu de ce roi des privilèges d'une haute importance. Elle couvrait: de sa protection tous ses membres y suppôts et affi^ liés, et jusqu'aux simples parcheminiers. Ils avaient le droit 9 en quelque lieu qu'ils habitassent, d'invoquer les privilèges de FUniversité , et de forcer leurs» adversaires à comparaître devant les juges universitaires. Les bourgeois de Rouen, auxquels deschartes^ antérieures donnaient le droit de ne jamais répondre devant un tribunal situé hors de leur banlieue , refusèrent de se soumettre aux privilèges de l'Université. Vainement on leur signifia la charte, qui faisait de cette corporation une véritable puissance politique " , ils résistèrent à ses prétentions , et la lutte dura jusqu'à l'époque où la royauté abolit presque en même temps les privilèges universitaires et les droits communaux. Cependant, la

* Cette charte , en caractères gothiques , est conseryée aax Archives municipales, tir. I , no i .

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