CHAPITRE TREIZIÈME
Dame près de Ponloise, le 1 1 juin iSao, il les chargea de se rendre à Rouen , et de mettre un terme aux dissentions de la commune: « A nosamés et féaux , maître Michel Mauconduit , chantre de l'égUse de Paris, Hugues de Chalençon, chantre de TëglisedeClermont, clercs, Henri seigneur d'Avaugour et Thomas de Marfontaine , chevaliers , salut et dilection : Des procès funestes et des dissentions de toute espèce ont été excités par l'ennemi du genre humain, entre le maire, la commune et le peuple de Rouen , et même entre quelques particuliers de cette ville; nous voulons les détruire jusque dans leurs racines, et procurera tous les habitans de cette cité le bonheur d'une tranquillité depuis long-temps désirée. En conséquence , nous vous chargeons d'examiner les actes administratifs des maires et pairs de Rouen, ou de chacun d'eux, les impôts qu'ils ont levés, et tout ce qu'ils ont dû faire dans l'intérêt de la cité , depuis l'époque où le comte de Saint-Paul a pris et fait déposer, dans notre chambre des comptes de Paris, le compte des maires et pairs de Rouen. Vous prendrez connaissance de l'administration , comme il a été convenu au dernier Échiquier; vous l'examinerez, corrigerez, approuverez ou blâmerez, punirez les administrateurs, maires ou pairs, s'il est évident, ce qu'à Dieu ne plaise , qu'ils put mal géré les finances de
la ville. Vous vous occuperez aussi des dissentions qui se sont élevées entre le commun des drapiers, foulons et ouvriers en laine d'une part , et le commun des tisserands de l'autre , ainsi que de la querelle qui existe entre les tisserands eux-mêmes et Vincent du Châtel le jeune, ancien maire de Rouen. Vous terminerez toutes ces discussions, et celles qui pourraient s'élever, à l'amiable , ou , s'il est nécessaire, judiciairement, après avoir appelé ceux qui doivent être présens; vous procéderez sommairement et sans bruit. A cet effet, nous vous donnons plein et entier pouvoir. Si vous ne pouvez tous assister à l'examen de ces affaires, vous y procéderez à trois, le quatrième étant légitimement excusé. Nous ne voulons nullement, du reste, porter atteinte aux droits, libertés et privilèges de la ville. Nous donnons en mandement à tous nos justiciers et sujets, par ces présentes, qu'ils vous obéissent et exécutent tous vos ordres. En effet, de l'avis de notre grand Conseil et en présence du procureur des parties adverses, nous vous avons confié le jugement de cette affaire, suspendant toute autre commission confiée antérieurement dans le même but. Donné dans la royale abbaye de la bienheureuse Marie, près de Pontoise, le 1 1 juin iS^o '.» Les commissaires trouvèrent, dans ces procès
* Archiv. municipales.— Voy. le texte, aux Pièces justificatives.