CHAPITRE TREIZIÈME
compliqués, des didScultës qui firent traîaer Taffaire en longueur. On se plaignit probablement de leur lenteur; car, par une ordonnance du a août i320, Philippe-le-Long leur enjoignit de presser Texamen des comptes '. Peu de temps après, le 19 août, reconnaissant la nécessité de leur adjoindre de nouveaux commissaires pour terminer un travail aussi pénible , il chargea Jean , vicomte de Melun , et Mathieu de Trie, maréchal de France, de procéder, avec les anciens commissaires, à l'examen des difficultésqui s'étaient élevées entre les gros bourgeois ei\e petit peuple^ . Les instances de celui-ci devenaient chaque jour plus vives; il demandait que les anciens maires fussent tenus de rendre leurs comptes , ainsi que les pairs avec lesquels ils avaient administré. Il prétendait que leurs comptes n'avaient jamais été sérieusement examinés, et que les deniers de la ville avaient été dilapidés. Les maires et les pairs répondaient qu'ils avaient rendu leurs comptes, en se conformant à l'ordonnance de saint Louis, devant trois des pairs , et qu'on ne pouvait revenir sur une administration qui avait reçu l'approbation prescrite par l'ancienne constitution. Les commissaires se bornèrent à exiger des maires qu'ils prouvassent, par témoins suffisans ou actes au-
» Ibidem,
' a \ïkXj&t grossos burgenses et parvum populum. » Ibidem.
l'oubli, et qu'il serait défendu de poursuivre anciens maires ou pairs pour leur administratio puis ils donnèrent connaissance de la nouvelle cc^ stitution de la ville. Elle faisait une part au peupl qui, jusqu'alors, avait été exclu de l'administrati municipale , et qui, à l'avenir, serait représenté p ses députés. Elle restreignait l'autorité des mair^ leur enlevait la perception des deniers communau et les forçait de rendre leurs comptes dans un dél assez court. Le nombre des pairs était réduit trente-six, et on excluait de cette dignité les pare à un certain degré. Enfin, le titre de.pair devena.^^^ temporaire, et tous les bourgeois pouvaient y a^^' pirer. Mais, avant d'appliquer les nouveaux statut:::::^ de la commune, il fallut libérer la ville obérée pa -^ la mauvaise administration des anciens maires, dette s'élevait à quarante mille livres « somme coii^^ sidérable pour l'époque, et qui atteste, plus enco que toutes les plaintes, l'incurie ou la mauvaise foi d Tancienne administratiou. Une ordonnance royale autorisa la ville à lever un impôt extraordinaire pour payer cette dette * . Ce fut alors seulement qu'on put appliquer la nouvelle constitution qui devait régir la commune jusqu'à l'époque de sa destruction. Elle mérite une sérieuse attention , et nous allons en exposer, avec détail, les principales dispositions.
' Archives municipales, tir. 133, I.