AV XII' SIÈCLE
P^'l île s'assurer d'une bourgeoisie riche, et déjà ^^' puissante comme celle de Rouen, Aussi, pen- <kM qu'il fortifiait la citadelle, et y logeait des ''"oiipes ', il ne négligeait aucune des mesures ttii pouvaient lui concilier les bourgeois. Il '«nouvela tous les privilèges accordés à la ville Parson père Goillaume-le-Conquérant', et confirma les statuts de plusieurs corporations. On cite. Mitre iiutres, celle des cordonniei-s ,.dont • ^îs privilèges furent garantis par le duc'. C'était ■*l«jàun grand avantage pour les Kouennais,que ~"*:î*tte reconnaissance du droit de corporation. UDÎonétaitnécessaire aux vilains, qui n'étaient V>rts que par le nombre; ils la trouvèi-ent dans " ^2:res associations des hommes de même métier, ^ijui assurèrent protection à tous les membres le la corporation, et donnèrent à la bourgeoisie «jn premier point de ralliement. Les privilèges *ie la corporation préparèrent ceux de la commmie.
Les bourgeois de Rouen avaient besoin de la
■ Koberlus àt Monte , ap. Seripl, nr. gatt^ WW . ÎS4. ' • Paternas lege* reniwsïit pristinasquc url)is digniUles reatiliiil. » Orderic. Vital., ap. Scripi. nr, gall. , XII, TOI. ' nucinge . totc Corwtsarii.
protection puissante du duc et des privilèges qu'il leiiraccordait, pour oublier tous les maiiic qui, à cette époque, affligèrent leur ville. Une famine horrible ravageait, dès 1 1 i t , toute la Kormandie ' ; en iiiG, un incendie, qui commença dans le quartier des Juifiî, dévora une partie de la cité'. T.a même année, la foudre tomba sur la Cathédrale, et brisa les colonnes de l'autel du crucifix^. En ! 1 19, un débordement de la Seine causa de grands dégâts dans Rouen et aux environs'^. Mais, de tous les fléaux qui désolaient Rouen et laNormandie, le plus redoutable était la guerre civile. l.e roi de Fiance, Louis VI , l'entretenait sous prétexte de défendre les droits de Guillaume Clitou , fils de Robert- Courte-Hense. Hugues de Gournai , Etienne d'Aumale, et plusieurs antres , avaient pris les armes en faveur du prétendant, et mettaient tout à feu et â sang. On craignit même un instant pour Rouen. On annonça à Henri, qui était alors à l'Aigle, que Hugues de Gournai et Etienne
' Chron. Balhom., np. Script, rer. gall.. XII , 7B'i. > Id. , ibid. .
^f d'Aumale campaient sur le mont Saiiite-C^the- '"ine, et menaçaient la ca|)itale de son duclié. 11 Secourut en toute bâte , mais il reconnut la fausseté de la nouvelle '. Cependant, il multiplia dans Rouen les fortifications; il ajouta au châteaudes HïicienBdncs de Normandie un iiiui' épais et crér»elé , et fit construire de nouveaux logemens JXmrses hommes d'armes*. Vainqueur du roi de ï*'Tance à Brenneville { r 1 1 9 ), il enferma dans la ÏVjrteresse de Rouen un de ses prisonniers les plus "i ÏUistres, Guy de Ciermont , qui ne tarda pas à y j:ïérir^. Bientôt, ayanltrailéavecle roideFrance C ' ia2),HenriBeau-Clerc résolut de dompter les s&eignenrs féodaux, dont les insurrections con- "■riniielles ne laissaient aucun repos à la Nor- ' «nandle. Eu 1 i24> '' vint tenir sa cour à Rouen, ' "Vraînant à sa suite Geoffroy de Toiuville et Odard du Pin. Accusés de parjure, les deux prisonniers furent condamnés parle duc à avoiiles yeux crevés. Il prononça la même sentence contre un trouvère, Luce de Barre , auquel on ne i-eprochait que des chansons satiriques. Les
' Orderic Vital., ap. Script, rer. gril/., XII , 753.
' ttobert. de Monte , ibid.. XIII , 285.
' Order Vilal-'. »P- Duclipsnc , SiS. '" ■'"" '-1'- "■■
MOT lOUiK
gnés de sa sévérité, maïs! aatti»:df«ii3i fn'oMÎ prendre ia: parole. Le:cQiiiftè d6/ffkiidm?^<f|iia assistait au. plaid saasiétDevascJBdvdefHQmf&^-iSvMi plus hardi : €iSesgiaeiir;roi;^liiiditHl%JiriMiar£ii^ ^ une eho^e con traire k tQflP» nos rijsagfà imre^i^ « damoant à la mutilatian diesiioiftin<is d'artiM « pris à la guerre, lorsqM^lssenrtaîeiitileiMWii^ mgmsàr^^^ *^> Seigneur coraiiê^ mpoodit ^Amtîy « jei fais une ckose justo,. et je- 'viris.le imwrMj f( Geoffrm et Odard sootdeiv^éiluâ.iBd^hjQ^wlliMI^ « tiges da^ ooriaentement ; de. Jseun»n«^iie^i)Sii;» «>piiis ilsiont commis UB pùxyw^ietiff^wf menti a /eut j^&Ki; ils eat donc. mériiïéjli^iQMli^a^^ <c Quant à Luoe^ il. ne m'a jamais fait hommage^ (X fiEiais il avait récemment combattu qontr^moi «dans le ohâbeau de Pont-Audemer; la paix « faite, je lui avais pardonné sç;s farfait^Lires^ «et; je l'avais i-envoyé Ubi-e,. lui rendfinf. &ç;s a chevaux etsesbieui^. Mai:» ilaété sur4e*champ a rejoindre mes enuemis , U a excité leur baiue «contre moi, et a ajouté à ses ^incien^ criaie;s
' « Rem nostris ritibus iDuntatam , domine te$. , ^acis „ qui milites bello captes in servitio domini sui debilitatione membroriim punis. » Order. Vital. , apiDucbesue, 880.
Ai: m» sifiCLt. scv
les foi'^its eucore plus horribles. Il a même
oniposé cotilr« inoî des poésies satiriques,
i& a cLantées ptibliqueineiit, et a provotpié
« les rires in&ultaits de mes ennemis. Maintc-
« nant. Dieu me l'a livré pour le châtier, mettre
*< un terme à ses criminels eiilreprises, et faire
«* trembler les autres par son trxemple'. n Ces
't:»âroleti imposèrent silence nu comte de Flandre,
•^t les bourreaux s'avancèi-eiit pour exécuter la
^^ntence. L'infortuné Liice de Barre se défendit
^^^ecrage, et, pour échapper iiu supplice, il se
^tirisa la tète contre les niiu-ailles ',
Ces cruautés répandaient la teiTenr parmi la '*^oblesse, uiai«i se lui inspiraient que des senli-
' > Rem Jusiam.duiiiiue cou9ul, facia, et hoc iiisniresIA ratioDe
V^Tobaho. Guirfrcdus eniin et Odnrdus , conwiisu doininorniii
'^ «oram , tegitlmi hnatïncs mel ruernnt , p«rjuriii)ne nefa» ultrO
^^oiumittcrUfK luilii fldein suani ntvnllti »utit.... Lucas autem
^komaglum niihi nu m qu uni frcit , sed in casliu Punlid-AliJemari
^^ontri me nirper dimicatit. Ad iiostrcniùiii. (laiM; faclft, c|urdqaid
V«Hsfrc*:nrt indulsi , et Cuii ti|uis tetnistpic suis Dbenini sWrc
tici'uiLSl. At iltc hiw|ibiiE meis protinù.i adbiesil, rcdïvivatiJUs
j un(-Iiii> in i m ici lias in me aRïtavit , cl pejora jiiioribus addidit.
^iln etiam indKcnte.s de me cantîlenas composait , ad inJoHam
mel palàm canlaril, in;illtoloM[Ue niihi hosics nd oarhiiinus itA
Kcpè pro>oca*it. • Idctn , Ibid., Ml.
' • Parietthiiset saiî» ulinirnsrapulsuum illiait. » Id.ibid.
mens de haine contre le duCi-Les seî^eara. féodaux, que la fortune avait épargnés v«e Retranchaient dans leurs châteauj^^ y braysôenl: l'autorité de Henri. L'autre corps privilégié y le clergé normand y et spécialement le clergé Mti^ooaÂSy était loi^ d'être à Tabrlde tout reproche. ll:résistait de toutes ses forcçs aux réformes: que. les grands papes de cette époque, Grégoire YU;, Urbain II , Pascal II, Calixte U,. Innooei^ -II , voulaient introduire dans les.moQUt*s et; dans 4a discipline ecclésiastique, /Déjà,; en 1 119.1 .une lutte violente s'était engagée entre les chanoioes et l'archevêque Geoffroi. , successeur de Guillaume*Bonne-Ame^ U £sillut qu'uiçi. légat d'Honorius II vint à Rouen , en iiaS, signifier au clergé de cette ville des ordres dont la rigueur le révoltait*. Cette même année, l'archevêque Geoffroi mourut, et un ecclésiastique d'une science profonde, Hugues d'Amiens , fut élevé sur le siège épiscopal. A cette occasion, saint Bernard,qui était alors l'oracle de la France et de la chrétienté tout entière, écrivait à Hugues ces
* Voyez Mis t. de la Commune , chap. 1 , p. 10 et li. ' Order. Vital. , ap. Duchesne , 888.