‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 48 sur 188 · CHAPITRE QUATRIÈME. Ii · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. Ii

se soustraire à la tyrannie féodale, se mettaient sous la protection de la grande commune, et en formaient la banlieue. Elles participaient à tous les droits de la bourgeoisie , et invoquaient son appui contre les seigneurs féodaux. Jean-sans-Terre i^connut formellement ce droit de banlieue, qui allait rapidement s'étendre^. De Sainte-Vaubourgà Oissel , dans un espace d'environ huit lieues, presque tous les villages riverains de la Seine relevaient du maire de Rouen ; au nord et au sud , il avait sous sa juridiction un vaste espace de terrain, comprenant Bois-Guillaume , Longpaon, Carville, Saint- Martin-du-Vivier, Préaux, Saint-Léger-du-Bourg- Denis,Franqueville,Maromme, Bondeville, Montigny, Saint-Etienne-du*Rouvray et une partie de la foret des Essarts. Delà des rapports fréquens et des querelles continuelles avec les seigneurs féodaux dont les domaines étaient compris dans la banlieue de Rouen. Souvent, dans la suite de cette histoire, nous assisterons à ces conflits de juridiction, et aux luttes qui en furent le résultat.

Plus la commune étendait son influence, plus elle sentait la nécessité de concentrer et de régulariser l'administration municipale. Jusqu'à la fln

' « Habeant leacatara Rothom^gi ad Justitiam ejusdem civi- « tatis. » — Déjà Richard avait reconnu le droit de banlieue h la ville de Rouen , comme le prouve la charte de Philippe-Auguste, < onflrmaut les droits de la commune.

du xii« siècle , l'aristocratie communale et le maire avaient plutôt été dirigés par les circonstances et l'usage, que par une loi écrite. Ce fut seulement vers IÎ200, qu'on rédigea une constitution qui fut approuvée par le roi. Ce document, qui est parvenu jusqu'à nous , nous initie aux détails de l'ancienne administration municipale, et mérite une sérieuse attention '.

La commune nous y apparaît soumise à une hiérarchie régulière, comme toute la société du moyenâge. Au plus haut degré, le maire, puis le^ douze échevins, les douze conseillers, les cent pairs, enfin tous les bourgeois, ou, comme on disait alors, les jurés de la commune. Ils étaient liés , en effet , par serment , et avaient juré de défendre les privilèges de la ville. Le droit électoral et l'autorité politique étaient restreints à un petit nombre de bourgeois. La masse du peuple ne nommait ni le maire ni les conseillers du maire. Elle avait sans doute le droit de choisir quelques magistrats d'un ordre inférieur,

' Il a été imprimé sans date , par Duchesnc , ap. Script, rer. norm.y p. 1066 ; il a été publié plus correctement dans le recueil des Ordonnances des rois de France (t. i, p. 307, et t. v, p. 671 et suiy.). Dans Je tome v, il est joint à une charte de Philippe- Auguste datée de 1214 , niais il est cité comme modèle et comme existant depuis long-temps. 1] est évident qu'il fut rédigé avant la conquête de la Normandie, par Philippe-Auguste, en 1204, puisqu'il y est question des voyages que les magistrats de Rouen faisaient en Angleterre.

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