‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 50 sur 188 · CHAPITRE QUATRIÈME. H · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. H

leurs, la moindre faute de ce magistrat était punie sévèrement; «car, disent les anciens statuts, le «• maire doit donner l'exemple de toute justice et " équité '. i> Mais , si on lui imposait une tâche pénible , on l'environnait d'honneurs. Trente sergens ou gardes , dont vingt-quatre à pied et six à cheval % le précédaient dans les cérémonies , et il ne cédait le pas qu'au bailli royaP. A cette époque, le même maire était souvent réélu pendant plusieurs années consécutives. L'expérience acquise et l'influence d'une haute position étaient des conditions importantes dans ces temps de luttes continuelles , et elles ne se rencontraient que dans un petit nombre de bourgeois. Ainsi , Barthélémy Fergant , Nicolas Grognet, JeanLuce, et plusieurs autres, remplirent les fonctions de maire pendant plusieurs années consécutives, à la fin du xii* siècle et au commencement du xiij^.

Au-dessous de ce magistrat , venaient les doiize échevins et les douze conseillers choisis parmi les pairs et les membi*es de l'aristocratie bourgeoise. Ils juraient, en entrant en charge, de respecter les

* Ordonnances des rois de France , t. v, p. 671 et siiiv.

» Voy., aux Pièces justificatives , la constit. de 1320.

^ On trouve même quelquefois le maire cité avant le bailli. Amsi , dans use ctiarte du iii*^ siècle ( Cart. de la catkéd.^ f* 1 13 recto, 2"® col. ), on cite, au nombre des témoins, Luce du Donjon, maire, et après lui Gauthier de f^ameinlle, bailli du seigneur roi.

droits de Téglise , la fidélité due au roi et les ioî de la justice; de juger selon leur conscience et dtf tenir secrètes les résolutions que le maire aurail défendu de divulguer. Toute infraction à cette règle devait entraîner ^ pour le coupable , la perte de \st dignité d'échevin , et une peine laissée à la discrétion du maire. Deux fois par semaine , les ëcheyins se réunissaient sous la présidence de ce magistrat, pour délibérer sur les intérêts de la commune. En cas de partage , ils appelaient ceux des douze conseillers qu'ils jugeaient convenable. Tous les samedis, les douze conseillers se réunissaient aux douze échevins, et cette assemblée des vingt-quatre délibérait sous la présidence du maire. Enfin , tous les quinze jours , également le samedi , les cent pairs s'assemblaient et traitaient les questions d'un intérêt plus général. Telles étaient les trois espèces d'assemblées communales. La première s'occupait surtout de l'administration et des affaires urgentes; c'était en quelque sorte le conseil privé du maire. La seconde embrassait déjà des questions plus générales; enfin, dans la troisième, l'aristocratie bourgeoise tout entière exerçait une action directe sur le gouvernement.

Mais, comme on avait prévu la négligence qui pourrait succéder à la première ferveur de l'esprit communal, et les dissentions, les violences même

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