CHAPITRE QUATRIÈME. Ii99— 1200. i\H
auxqudles le choc des opinious donnerait naissance , on s'était efforcé de les prévenir en punis<sant l'absence et le désordre. Il fallait , pour qu'un échevin, conseiller ou pair, pût s'absenter de l'assemblée, qu'il fit connaître, la veille, au maire, les motifs légitimes qui l'en éloignaient. Sinon, il devait s'y rendre avant l'heure de prime, sous peine d'une amende fixée pour l'échevin à cinq sous (environ vingt francs de monnaie actuelle), pour le conseiller à trois , pour le pair à deux. Le produit de l'amende devait être consacré aux affaires de la cité. On payait la même amende pour sortir de l'assemblée sans la permission du maire. Un échevin ne pouvait pas s'absenter pour un long voyage , par exemple, pour passer en Angleterre , sans en avoir demandé publiquement l'autorisation au maire et aux échevins, dans la réunion du samedi, en présence des douze conseillers. Si ses raisons paraissaient valables et qu'on lui accordât l'autorisation demandée, on nommait immédiatement un des conseillers pour le remplacer jusqu'à son retour.
Ce n'était pas assez de prévenir la négligence des magistrats, il fallait encore assurer l'ordre des délibérations. Le règlement y avait pourvu. Lorsque le maire présidait l'assemblée des échevins, des conseillers ou des pairs, lui seul pouvait accorder la parole. Si un membre interrompait le maire ou
ti6 COMMUNE DE ROUEN.
l'orateur auquel il avait donné la parole , le maire commençait par lui imposer silence. Une seconde inteiTuption était punie d'une amende de douze deniers ^ dont huit étaient adjugés à la commune , et quatre aux clercs et sergens chargés de maintenir Tordre. Tout échevin, conseiller ou pair, qui quittait son siège pendant la séance , était passible de la même amende. Les injures étaient punies plus sévèrement ; elles pouvaient entraîner un emprisonnement que le maire et les échevins proportionnaient à la gravité de l'insulte et à la conduite antérieure du coupable. Le maire lui-même devait, dans ces assemblées comme partout, donner l'exemple du respect pour la loi , et, s'il y manquait , il subissait une punition deux fois plus forte que celle qu'on infligeait aux échevins.
Les statuts communaux formaient un code d'une grande simplicité, mais suffisant pour maintenir l'harmonie entre les bourgeois , régler les intérêts commerciaux et punir les délits ou les crimes. On recommandait, avant tout, aux bourgeois, de conserver l'union qui faisait leur force. Si l'un d'eux était convaincu , par le témoignage de deux pairs , d'avoir insulté un autre bourgeois sur la place publique ou dans une maison , il devait être cité devant le tribunal du maire et condamné à une amende proportionnée à la gravité du délit. Si un