CHAPITRE SEPTIÈME
timent du roi pour les excommunier, ou qu'ils ne retinssent la personne ou les biens d'un clerc tonsuré'.
Ainsi se continuait, sous Philippe-Auguste, le progrès de Tautorité royale. Les magistrats, et surtout le bailli, restreignaient la puissance temporelle du clergé. Chaque jour ils lui portaient quelque nouvelle atteinte, et, sous ce rapport, favorisaient le développement de la commune. Celle-ci, alliée de la royauté, profitait de ses victoires. Après avoir ouvert de nouveaux débouchés à son commerce, et préparé pour la ville de nouvelles sources de richesses, elle travailla avec ardeur à l'agrandissement de la cité. Profitant des ruines faites par Philippe-Auguste, elle recula ses anciennes limites, et, pendant toute la première moitié du xiii® siècle, sous Philippe-Auguste et ses successeurs, Louis VIII et saint Louis, Rouen prit un accroissement rapide. Il semble , au milieu des obscurités de cette question , qu'à l'époque de la prise de cette ville ( 1204 ) , la double enceinte , dont parle
' a Goncessimus etiara ob amorem domini régis , quamdiù nobis placucrit , quôd nos vel officiai is noster non excommunicabimus capitales balliyos domini régis , domino rege super hoc irrequisito , dantes eisdem quindecim dies de respectu , nisi iidem ballivi tencant clericuni tonsuram habentem Ycl'catalla ejusdem quae rcddere nollent nobis Tel officiali nostro. v Idem, ibidem.
i20 COMMUNE DE ROUEN.
Guillaume-le-Breton, indique l'agrandissement successif de cette cité. Elle avait encore conservé, comme on le voit dans plusieurs vieilles villes, l'ancienne enceinte des ducs de Normandie. La porte Saint-Apollinaire, près de la Crosse, est restée longtemps encore comme un débris des fortifications primitives '. Mais, depuislong-temps, cette enceinte ne suffisait plus. Quelques agrandissemens partiels, qui avaient ajouté à la ville, tantôt une partie des quais , tantôt des places vides, n'avaient pas été proportionnées à l'augmentation des habitans. Les maisons s'étaient étendues bientôt en tous sens audelà de la vieille enceinte , et on les avait enveloppées, au XII*' siècle, de nouveaux remparts. Cette seconde enceinte longeait, vers le nord, le terrain de la Rougemare, enveloppait le quartier Malpalu, et s'étendait sans doute vers l'ouest, dans la même proportion. Malgré cet accroissement, Rouen ne pouvait plus contenir, au commencement du xiu® siècle, la foule qui se pressait dans les maisons construites à la hâte et entassées les unes sur les autres. De là ces incendies fréquens et terribles dont le récit remplit les chroniques contemporaines. Ainsi, dans les années 1 2 1 o et 1 2 1 3 , la ville fut presque entièrement la proie des flammes. Le palais de l'ar-
» On la voit dans un plan du xvi® siècle , mscr. des Fontaines , aux Archives municipales.