CHAPITRE SEPTIÈME
levêque fut brûlé, et, à Texception de quelques ^lises et des maisons en pierre, alors fort rares ans Rouen , toute la ville fut détruite ' . On eut à léplorer de nouveaux malheurs en 1320' et iaa5^. fous ces désastres imposaient des travaux de reconstruction ; on profita de la ruine des remparts pour s'étendre, et c'est le spectacle que Rouen nous présente pendant plus de cinquante ans.
Un des premiers résultats de ce développement de la cité, fut d'entourer l'abbaye de Saint-Ouen et de l'enfermer dans l'enceinte de la viHe. Ce fut une nouvelle cause de discorde entre la commune et le clergé. La puissante abbaye était investie de privilèges qui remontaient à une époque fort an^ cienne; elle prétendait au droit de haute justice sur une partie des terrains que la ville enfermait dans sa nouvelle enceinte, et, de son coté, la commune commençait à lui contester ses ancienne» prérogatives , comme le privilège d'avoir ses moulins particuliers dans l'intérieur de la ville. Saint-Ouen
■ a Eodem anno ( 1211 ) feriâ tertiâ hebdomadae Paschae, prima vigiliâ noctis, iucsepit ignis in parochiâ S. Macuti , et totam civl- Utein Rotbomagensem combussit , et domos et œdificîa archiepiscopi , cathedrali ecclesî mîraculosè conservatâ per Dei gratiam , et abbatiâ S. Audoëni et S. Laudi , et domihus lapideis qaas ignis devorare non potuit remaneiitibus. « Chron, eccles» Rothom., ap. Chron, tripl. et unum , T 1 12.
^ Ibid., f»121.
î Ibid., f» 123.
avait cependant la charte authentique de Richai Cœur-de-Lîon qui les lui concédait'. Ces contes
tations allaient devenir chaque jour plus violentes, maintenant que les maisons des bourgeois s'élevaient de tous côtés autour de l'abbaye. Déjà, en i a20 , elle se fit adjuger, par Philippe-Auguste, la partie des fossés de la ville qui longeait ses murs; elle y construisit les maisons de la rue Pincedos et de la Rougemare, et, dans le reste du terrain, établit des jardins*.
La même année, la commune fit une acquisition importante. Elle acheta du roi l'hôtel du comte de Leicester, moyennant une rente annuelle de quarante livres de Rouen ^. Il était situé près de la porte Massacre ^ et de l'église de Notre-Dame de la
» Archiv. départem., Cart. hist. de St-Ouen,
' a Philippus, Dei gratiâ , Francorum rex, noverint uni?ersi praesentes pariter et futur! quôd nos dilectis nostris , abbati et monacbis sancti Audoëni Rotbomagensis concessimus plateam fossatorum Rothomagi perpetuô possidendam , sicut murus mouacborum eorumdem ex parte fossatorum existens se poportat, ad faciendum niasuras et jardinos, salTO nobis in omnibus jure nostro et justiciâ nostrâ. In cujus rci memoriam et testimonium praescntem paginam sigilli nostri auctoritate fecimus communiri. Anno Domini MCC vicesimo raense noverabri. » Arcbives départementales , liasse concernant les antiquités et les droits de l'abbaye de St-Ouen.
^ Voyez aux Pièces justificatives, l'extrait de l'acte d'acquisition.
4 II y eut assez long-temps en cet endroit une porte , qui indiquait, commeccllcdeSt-Apollinaire, l'ancienne enceinte de layiHc.