CHAPITRE IX
**ut«IK a Rciutit; niiitt au A»lu» it Sainu=^atl|(nn(, — IfirbannaHK «uc Ira mairr* ; attni aait It ti^afitti; tatutMioa iit i\aUtt, moulin*, aioKT it jnpriainDtllt, tu.: titAlutt" mnt it la iont ïc la |luiifi cation. — flsnflit* it juntinion tnltc 1» outetit» ttmftxtMt tt •pÎTJiudk.
ÏE fut le 8 octobre 1 255, jour de jt la Saint- Wul&an , que saint Louis g Gt dans Rouen son entrée solenh nelle. On reçut avec respect et ^enthousiasme ce roi, qui rapporcroisade une auréole de sainteté, et ]ui toujours signalait son passage par des bienaits ■ ! La brièveté de la seule chronique qui ait
' n la fcsto s. Wulfranni , die v|ii octobris , vcnlt re» ap lothomaguni, et receptus est à ciïibus ejusdein urbts cum t tore.» Ckroa, mscr. S. Katarintr, apud Chronicon triplex
mentionné l'arrivée de Louis IX à Rouen, no- us donne peu de détails sur son séjour dans cet — te ville. Elle ne parle guère que de son pèlerinage Sainte-Catherine, et de l'entretien qu'il eut avec reclus^. Mais ce prince n'était pas seulement dévot mystique , et , à défaut des clironiqu monacales qui ne parlent que de ses pèlerinage ses actes sont là pour prouver que son voyage e Normandie ne fut pas stérile pour les commune Il est probable que, déjà, à l'époque où il passs. par Rouen, des plaintes s'élevaient contre la con duite des maires et leur autorité arbitraire en matière de Bnance. Ils disposaient des revenus de 1 ville sans aucun contrôle, faisaient largesse de se^'^^^' deniers, et voyageaient à grands frais aux dépens^ ^^^•^' du commun. L'ordonnance de saint Louis , qui dé — ^^^ * fend ces abus, suffirait pour eq constater l'existenc dans les communes de Normandie ; mais nous les verrons plus tard formellement signalés par le peuple de Rouen*. Ainsi, la charte de saint Louis, dictée par une sage prévoyance, nous paraît favorable aux communes et destinée à prévenir le retour d'abus qui en compromettaient l'existence. Il y a
I » Fuit etiam apud S. Katarinam causa peregrinationis et ut haberet colloquium cum recluso. » Ibidem. — Voyez , sur le Reclus , le chapitre précédent , p. 142 et suiv.
CBAPITRK NEUVlÈxME. 1255—1270. 149
toutefois, dans la forme , une rudesse et un ton absolu qui expliquent le jugement sëvère qu'en a porté M. Augustin Thierry '. Voici, du reste, la traduction de cette ordonnance* :« Nous enjoignons que, « dans nos communes de Normandie , le lendemain « de la fête des bienheureux apôtres Simon etJude, « le maire, sortant de charge, élise , de concert avec « les autres prud'hommes de la ville, trois notables c( bourgeois , et nous les présente à Paris à l'octave « de la Saint-Martin suivante. Parmi ces trois élus, tf nous choisirons le maire de la ville. Le même jour, « c'est-à-dire le lendemain de la fête des Apôtres, « on rendra , chaque année f les comptes de la ville « en présence des trois prud'hommes élus. Puis le « maire et les trois pmid'hommes soumettront les « comptes de la ville à no» commissaires délégués^ a vers l'octave de la Saint-Martin d'hiver. Nousdé- « fendons aux communes et bonnes villes, sous « peine de perdre corps et biens , de faire , sans notre (( permission, aucun contrat, ni aucun don ; nous « n'en exceptons que les présens de vin en pot ou « en tonneau. Nousdéfendons aux communes, quelce qu'importantes qu'elles soient, d'envoyer en cour, tf ou ailleurs, pour les affaires de la ville, des dépu- « tations composées de personnes autres que le
* Lettres sur l'Hist. de France , p. 262.
' Ordonnance des rois de France , 1 , 83 et 84.
tf maire ou son représentant, avec deux cotnpa- <c gnons et le clerc de ville, auxquels on pourra adrc joindre un avocat , si besoin est. Le maire et ses <c compagnons ne pourront avoir plus de chevaux ft et plus de gens , ni faire plus de dépenses en voyait géant pour la ville , que s'ils se mettaient en route (c pour leurs propres affaires. Nous défendons à qui « que ce soit , si ce n'est à celui qui est chargé des « dépenses , de conserver chez lui les deniers de la tf ville. Lui-même ne pourra avoir entre les mains tf plus de vingt livres; le reste sera conservé dans « le trésor commun. La taille des villes doit être « telle que, chaque année, lorsque nos gens des « comptes viendront, au terme fixé, inspecter les « finances, la commune soit libre de toute dette. »
Ce fut aussi saint Louis qui termina la querelle qui s'était élevée jadis entre les chanoines et les bourgeois pour la clôture du cimetière de la cathédrale ^ On se rappelle combien la lutte avait été violente. Le chapitre n'avait jamais pu relever les murs , occasion de la querelle. Saint Louis obtint de chaque parti des concessions qui peraiirent d'effacer les dernières traces des anciennes dissensions. Nous en trouvons la preuve dans une charte, où le chapitre, tout en protestant de son droit, se soumet, cependant, aux conditions exigées par
» Voyez chap. III.