‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 105 sur 238 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

loyaux. S'il n'y consentait pas, la ferme serait revniseenlà main du duc, qui la donnerait aux enchérisseurs. Nicolas Daguenet commença par demander au sergent copie de tous les actes; ensuite , il le requit de faire connaître s'il agissait en vertu d'un jugement, et, en ce cas, de lui en donner communication. Le sergent répondit qu'il agissait d'après l'ordre verbal du. vicomte de Rouen, et d'Adam de Marne, commissaires délégués par le dauphin, régent du royaume , mais qu'il n'avait pas d'ordre ^ËCrit. Alors, Nidolas Daguenet, en son nom et au nom de ses compagnons, déclara que le sergent ne pouvait, sans communication spéciale, exécuter le contenu des lettres des commissaires royaux «Jans un .lieu qui ne relevait que de la juridiction du maire. D'ailleurs, les lettres que le sergent. apportait étaient subreptices et de nulle valeur. Les fermiers actuels avaient traité avec le maire, dès le m~nors de mars , et pour un an ; ils avaient payé une -jDwtie de l'argent Convenu pour là ferme ; le maire leur en- avait garanti la jouissance. Enfin , ils s'engageaient à fournir caution de comparaître devant les- commissaires au jour et à l'heure fixés poqr défendre leur cause. Mais le sergent refusa de recevoir la caution des fermiers, et ordonna à Daguenet de lui remettre la boîte et les papiers de la ferme , ou de les porter au château pour les

livrer au vicomte, et lui défendit de $ç mêler du pontage sous les peines prescrites en pareil cas. '. fermier répondit qu'il n'avait ni boîte ni papiers, et requit qu'on lui donnât acte de tout ce qur s'était passé. Le tabellion juré en fit un doubla Mt procès- verbal , pour Nicolas Daguenet et le coin— .M* missaire du duc, Adam de Marne1.

Le Maire et la Commune étaient obligés de soil~^b> tenir les fermiers auxquels ils avaient accordé lm> 1* pontage de la ville. Aussi la bourgeoisie tout entière -* prit-elle vivement leur parti \ il en. résulta um^ -° procès, dont nous n'avons. paQ trouvé le résulta-*^* dans les Archives , mais pour lequel la ville ne né* ^^" gligea aucun effort. Les mémoires qu'elle fit i«~3fediger pour ces délégués, nous en fournissent 1»- '* preuve. Elle y dévoilait hautement tes houteusev^8 manœuvres qui avaient fait changer subitement \z^ * volonté du dauphin2. Les actes relatifs à cett^^*6 querelle n'attestent pas seulement que la Goramune^^^ défendait énergiquement ses droits; ils prouvent encore que les troubles civils, les guerres et le ravages des grandes Compagnies avaient prresquetf anéanti le commerce de Rouen.. Les droits que^ l'on percevait pour le passage des marchandises sous le pont de cette ville, étaient diminués de (Jus

1 Archives municip., tir. 70, n° 10.

a Ibidem.

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