‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 112 sur 238 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

La dernière ordonnance de Jacques Le Lieur, ur la réforme des corporations, est relative aux Efassiers. Il rappelle les réglemens antérieurs , dont ■nous avons déjà parlé ' , et ordonne de les remettre ^n vigueur; il fixe le temps du travail, qui doit «ommenœr au son de Xesquelle à la Mère-Dieu <^ petite cloche de la Cathédrale), et se prolonger jusqu'au coucher du soleil. Les dimanches et fêtes Wlevrout être fériés , ainsi que les samedis et vigiles «le& fêtes, depuis l'heure de tfones. Les contraventions stfnt punies d'une amende de vingt sous *. Cette ordonnance, comme la plupart des statuts de corporation , a surtout pour but de mainteuir le monopole des filassiers de la ville; on ne peut entrer dans leur corporation sans avoir fait son apprentissage à Rouen.

La surveillance active que Jacques Le Lieur avait exercée sur les corporations, et les efforts qu'il avait faits pour leur réorganisation , furent dignement imités par son successeur, Jean d'Orléans* Ce dernier remplit les fonctions de maire, de 1Î58 à 1 35g. Il s'occupa, spécialement de deux corporations étroitement unies, les teinturiers et les drapiers. Il donna un règlement aux teinturier», pour mettre un terme aux fraudes dont on se plai-

1 Voyez plus haut, deuiième partie , chap.VÎ, p. 95. 1 Ordonn. des roi/de France y VII, 629 et 630.

gnait. Les conditions sont à pei* près les mêmes que pour les corporations dont nous a vont déjà parié; apprentissage fait à Rouen, privilège des fils de maîtres dispensés d'apprentissage, institution de gardes du métier chargés d'inspecter les marchandises, amendes pour les contraventions 9 telles sont les prescriptions les plus importantes de l'ordonnance1.

Jean d'Orléans s'occupa encore de deujx métiers qui. dépendaient de la grande corporation, des drapiers. Il existait un différend entre les tçudeui* de draps, et les foulons et cardeurs de laine. î^es, premiers voulaient empêcher les autres de tondre le drap. Mais le maire décida que cette prétention était exorbitante, et qu'on ne pouvait empêcher les foulons et les cardeurs de tondre les draps., pourvu que ce fût sur leur métier, et que les draps ne fussent pas étrangers, mais eussent été teints et foulés à Rouen a.

Enfin, Jean d'Orléans renouvela l'ordonnance de Godefroi Lallemand, pour empêcher les marchands en gros d'accaparer les denrées , au grand détriment des petits marchands et de U majorité desliourgeois3.

1 Ordonnance des rois de France, VII, 116 et suiv, * ArcbW. înunicip., reg.^, folio 19.

6 Voyez plus haut, deuxième partie, chap. VI, p. 90. — Archives municip., tir. 73.

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