CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
4iers vendant à la halle paieraient plein étal, et «Cjue les autres ne paieraient que demi-étal. Ces derniers seraient toujours libres de veuir à la balle, «î payant leur part complète du loyer T.
Toutes les ordonnances que nous venons d'analyser attestent combien était absolue l'autorité du maire en matière de corporation et de commerce. Cependant elle fut plusieurs fois contestée. Il y avait dans Rouen des corporations antérieures à l'organisation de la Commune, et peu disposées, par conséquent, à se soumettre aux ordres du maire* Telle était celle des cordonniers, qui conservait la charte de Geoffroi Plantagenet a , et l'opposait au maire. Les cordonniers firent confirmer leurs privilèges par le duc de Normandie, en 1 36 1 s . Quant aux brasseurs , ils formaient aussi une corporation dont la juridiction était contestée au maire par les officiers royaux. Nous ignorons à quelle époque précise elle pouvait remonter ; mais die jouissait de privilèges qui attestent une haute antiquité. A la fête de saint Léonard, patron des brasseurs , tous les membres de cette corporation se réunissaient à l'abbaye de Saint-Amand , et y
1 Archives niuniçip., tir. 14, n° 5.
* Voyez Première partie , Introduction , p. cxiv.
3 Archives miraicip., tir. 15, n° 9.
prenaient part à un festin où ils étaient servis par l'abbesse et les religieuses * . Le maire prétendait exercer sa juridiction sur les brasseurs comme sur les autres corporations, et, malgré un arrêt contraire de l'Echiquier , il obtint gain de cause par la charte du Régent.
Quelquefois, l'opposition à l'autorité dti «oaire eu matière commerciale Tenait de «ces raalhçureu* étrangers que la guerre avait forcés de chercher un asile dans Rouen , et que le monopole et Ja .tyrannie des anciens bourgeois excluaient de toutes jç* corporations. Ainsi , en 1 363 , les chandeliers forains , auxquels le maire défendait d'exercer, leur industrie dans Rouen, s'adressèrent au due de Normandie. Charles accueillit leurs plaintes, et déclara l'arrêté du maire contraire à l'autorité du duc et à l'intérêt général. Il voulait , disaitnil dans cette charte* , que tous ses sujets pussent vivre librement de leur travail et de leur commerce. En conséquence, il enjoignait à son bailli de Rouen d'ordonner au maire dé laisser les chandeliers vendre librement leurs marchandises» au marché ou ailleurs 3. Cette ordonnance, où perce un esprit libéral
' De Monteil, Hist. des Français aux diffère ns États. a Archives municip., tir. 15, n° 3.