‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 120 sur 238 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

dans la prison d'Église , ils confisquèrent \es outils de Raoul Sauvage, et se conduisirent dans la maison comme maîtres absolus V Mais le maire porta plainte devant le bailli, et la justice séculière s'empara de cette affaire. On força- d'abord les chanoines de relâcher le prisonnier et de rendre les outils confi$qués. Le procès se poursuivit ensuite avec les formes lentes et compliquées de la justice du xivé siècle, mais le résultat n'en fut pas moins avantageux pour la Commune. On reconnut son droit de justice, et les chanoines durent se contenter d'une indemnité.

Les bourgeois étaient toujours en lutte avec les moines de Saint-Ouën , de Fécamp, du Bec et de Son-Port. Les corporations ecclésiastiques voulaient partout se soustraire aux charges qui pesaient sur le reste, de la cité, et en même temps jouir des privilèges les plus étendus. Ainsi, lorsqu'en i357 la situation périlleuse de la France, et de Rouen en particulier, imposa à la ville de nouveaux sa-

■ « Grant foison de canoines de ladite Église vindrent sur le lieu le jeudi ensuivant et pustrent un homme ressëant et estagier du maire, et par conséquent du roi nostre sire et plusieurs oultis à carpentier que eulx emportèrent, et mistrent le dit homme en prison en leur dite Eglise en attribuant à euls justice et juridiction et le dit sergent (Jehan Hasard) vint chies Raoul et prist un mortier de cuivre pour contraindre le dit Raoul d'aler en chapitre, etc. » Archives muniçip:, reg. DD, folio 149 verso.

orifices, les vassaux de l'abbaye de Saint-Ouën refusèrent de contribuer aux frais , et alléguèrent les privilèges ecclésiastiques. Mais le maire , qui était alors Guillaume de Sihierville , ne se laissa pas arrêter par leurs réclamations; il ordonaa à ses sergens de soumettre à l'impôt les hommes de Saint-Ouën. Ceux qui refusèrent de payer furent arrêtés, et leurs biens confisqués. Alors, les rtioines s'adressèrent au Dauphin, qui gouvernait la France pendant la captivité de sou père, et se plaignirent de la violation de leurs privilèges. Le Dauphin donna des ordres au vicomte de Rouen , pour qu'il fît respecter les franchises de l'abbaye. Voici le sens de sa charte : « Charles, fils aîné du roi de France, duc de Normandie et dauphin de Viennois, au vicomte de Rouen , salut : Notre procureur au bailliage de Rouen et les religieux hommes, abbé et couvent de Saint-Ouën, nous ont fait représenter qu'ils tiennent immédiatement de nous la baronnie de Saint-Ouën, et qu'ils nous doivent, pour ce fief, hommage et certains services ; que nous avons en cette baronnie la haute justice, et les religieux la basse, sans qpe le maire de Rouen puisse y prétendre à aucune juridiction, justice ni seigneurie. Cependant, le maire actuel (Guillaume de Sihierville ) représentant que , d'après notre commandement , il a fallu faire certains voyages , obtint de la

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