CHAPITRE QUATORZIÈME. 45tfO
ville une taille pour «en payer les frais, et, quelques habitans ayant refusé, il les fit justicier par ses sergens,; sans excepter ceux qui demeuraient en la barônnie de Saint-Ouën, au grand dommage des religieux. Nous, voulant réparer cette injustice, nous te mandons de citer le maire devant le prochain Échiquier qui se tiendra à Rouen, afin qu'il soit fait droit aux hommes de la barônnie de Saint- Ouën. Donné à Saint-Germain-en-Laie, le dernier jour de juillet i357 *.» Cet ordre venait trop tard; le maire avait perçu là taxe, ou vendu les biens des hommes de l'abbaye , et les lenteurs de la procédure devant l'Échiquier, ne pouvaient que donner une indemnité tardive. Les autres sujets de lutté existaient toujours; procès pour les moulins, <jue«relles pour les maisons dépendant de l'abbaye de St-Quën , pour les bois de la Forêt* Verte et de Bihorel, toutes ces contestations se reproduisirent sous ce règne, avec une uniformité qui nous dis«pense de nous y arrêter*.
Il en fut de même de l'abbaye de Fécamp , qui , à l'occasion de son prieuré de Sain t-Gervais, était en lutte perpétuelle avec la*Gommune de Rouen. Dès le conmieneemenl du règne de Jean , le maire
1 Reg. DD , f° 103 recto et verso.
* Ibidem, folio 105 recto et verso, folio 106 recto.
888 COMMUNE DE ROUEN. IIe PARTI fe.
obtint une taxe de deux deniers par livre sur toutes les marchandises vendues dans la ville et banlieue de Rouen. Mais, lorsqu'il voulut procéder à la perception de l'impôt à St-Gervais, les habitans alléguèrent leurs privilèges et refusèrent de payer. Alors le maire et les pairs s'adressèrent à Jean pour obtenir que le bailli contraignît les rebelles de se soumettre. Jean fît droit à leurs plaintes, et, par une charte datée du ier décembre i35o, il enjoignit au bailli de prêter main forte au maire pour la perception de l'impôt à St-Gervais et dans tous les fiefs qu'enveloppait la banlieue de Rouen1. Le lieutenant du bailli , qui fut chargé de cette affaire, signifia les ordres du roi aux vaspaux de l'abbaye; mais ils en appelèrent à l'Echiquier de Normandie. La charte royale avait prévu ce cas, et le maire devait toujours procéder à la perception de l'impôt en donnant caution de restituer les sommes perçues , si l'Echiquier le condamnait à les rendre. Cependant, le lieutenant du bailli montra peu d'énergie dans l'exécution des ordres royaux; il négocia avec les habitansde St-Gervais, qui voulaient surtout s'opposera ce que le maire exerçât sur eux sa juridiction. Us consentirent à payer la taxe, à condition qu'elle serait perçue par un de leurs
1 Archives municipales, reg. DD, f<> 111 recto.