CHAPITRE DIX-HUITIÈME. 1 530 — 1364. Î8V
«délégués. Henry de Damery, lieutenant du bailli, se prêta à cet arrangement, et suspendit, au commencement de l'année i35 1 , l'exécution des ordres <juil avait donnés pour la perception de l'impôt par le maire et ses commissaires ' . Alors , Pierre du Mont-Aubert, sous-sénéchal de S.-Gervais, désigna Hicliard d'Antegny, habitant de ce fief, pour lever l'impôt établi par le roi2. Mais, autant les habitans de S.-Gervais tenaient à se soustraire à la juridiction du maire de Rouen, autant la Commune mettait d'insistance à exercer ses droits dans le fief et sur les vassaux des moines. Elle s'adressa de nouveau au roi, qui, dans une charte datée du 8 septembre i35i, blâma sévèrement la conduite de Henry de Damery, lui reprocha de n'avoir pas naême consulté, en cette circonstance, le procureur du roi 3, et enjoignit au bailli et au vicomte de Rpuen d'assurer l'exécution de ses ordres antérieurs. Ainsi, malgré la résistance des moines et de leurs vassaux, le maire perçut l'impôt dans le fief de Saint-Gervais. Les querelles n'en devinrent ?Ue plus vives, et la bourgeoisie voyait toujours *Vec inquiétude s'élever, cette ville privilégiée.
1 Archiv. municip., reg. DD , folio 112 recto et verso. * Ibid. , f° 112 verso.
3 « Dictis conquerentibus et procuratore nostro ad hoc nom vOcatis. » Ibid., f0 113 recto.
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Enfin, à un moment où la faiblesse du pouvoir central favorisait la violence des passions , les Rouennais détruisirent le prieuré de Saint-Gervais, sous prétexte, qu'en cas de guerre, les ennemis « pourraient s'y retrancher et s'en servir contre la ville. Vainement, après le retour de l'ordre et du j calme , les bénédictins de Fécamp réclamèrent des <s indemnités; les bourgeois, qui s'étaient réconci- — liés avec la royauté et lui rendaient d'importans ser- — vices, échappèrent à cette humiliation l. L'abbaye ^s de Fécamp fut obligée de rebâtir à ses frais le -^^ prieuré de Saint-Gervais.
Le maire protégea , contre les moines de Bon- — ■ Port, plusieurs habitans du Bois-Guillaume, sur ~"^ lesquels le couvent voulait étendre sa juridiction '. — ' Il soutint qu'ils étaient compris dans la banlieue ^3 de Rouen , et que, par conséquent, ils ne relevaient -^ que de la justice municipale 3.
La Commune de Rouen eut aussi , pendant cette ^ époque , des contestations avec les bénédictins du M Bec , seigneurs de Notre-Dame-du-Pré ( Bonne- Nouvelle). L'abbaye du Bec, si célèbre aux xie et XIIe siècles par la science de ses moines , il-
> Archives municipales, reg. ^, f° 186.
a Voyez plus haut, chap. IX, p. 141, l'origine de cette querelle.
3 Archiv. municipales, reg. DD, folios 127 verso et t28 recto.