CHAPITRE VINGTIÈME. 1567— 1*80. »i
dralè pour savoir ce qu'ils peuvent faire dans le même but ■ .Il est évident, d'après ces textes, qu'on avait fait entrer dans Rouen des hommes d'armes, et qu'on cherchait de l'argent pour les solder. L'inquiétude était d'autant plus vive, que la place n'était pas complètement entourée de remparts, et que , malgré les travaux entrepris depuis longtemps, tes murs et les fossés avaient besoin de réparation. C'est ce que nous apprend une requête adressée au Chapitre, le 9 mai i368, par le bailli de Rouen, Nicolas du Bois, et le maire François Torel, agissant au nom de la ville. Ils exposaient aux chanoines le mauvais état des remparts , la nécessité de les réparer et de construire encore deux cents perches de murs et dix-neuf tour». Il* demandaient au Chapitre des secours pécuniaires, et pour ces travaux et pour les hommes d'armes qu'il faudrait entretenir sur les remparts a. Ces
1 « Quôd capellani istius Ecclesiœ vocentur in Capitulo ad crastinum ut seiatur si militer quot potentat facerc , juxtà genus suani, degentibus armorum. » Ibidem.
* « Quà die, ex parte Nicolai de Bosco baillivi et Francisci Torel , Majoris Rothomagi, et villae Rothomagi , fuit expositum Capitulo , quôd mûri , turres ac fossata dictée villae repa ratio nibus indigent necessariô , etiam ipsa villa indiget factione mu-
rorum usquè ad ducentas perquas et XIX turres et quôd
provideat quot poterunt esse in muro armati et de sufflcientiâ murorum.» Rcg. capit. 1366-1373, folio 36 verso. Chaque perche était de vingt-quatre pieds.
précautions témoignent assez des angoisses d'une population qui, du haut de ses murs, pouvait voir les campagnes ravagées et les maisons livrées aux flammes. Ces terreurs n'étaient que trop justifiées par la cruauté des Compagnies. Il suffit, pour s'en convaincre , de lire la lettre d'un contemporain , cjupape Urbain V. Il peint sous les plus sombres couleurs les ravages exercés- par ces bandes de soldats : « Le sang innocent d'un grand nombre de fidèles crie vers nous; elle crie aussi, la multitude déplorable des veuves , des orphelins , de tous les malheureux exilés et dépouillés. De toutes parts slélèVent les cris des églises violées et incendiées , des monastères abandonnés , des nobles et des plébéiens, des riches et des pauvres * . » — * Et ailleurs : «Il est notoire pour tout le peuple chrétien que certains fils de malédiction , qui , prenant les armes, s'appellent Compagnies , semblables à des païens, se sont livrés à d'horribles attentats; assemblage confus de toutes les nations, réunis, non pour entretenir la Société, mais pour la dissoudre, ils ont
1 « Clamât ad nos, de terra, mullorum fldelium effusus saurais innoxius; clamât pupillorum et viduarum, ac aliorum exulantium et spoliatorum misera bili s multitudo; clamant.... ▼folatœ et succensae ecclesiae , ac monasteria derelicta , simulqoe nobiles et plebeii , ac divites et pauperes regni Francise. » Cité par M. deFréville, École des Chartes, janvier - février 1842, p. 270.