‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 135 sur 238 · CHAPITRE VINGTIÈME. 186r · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME. 186r

Charles V, qui s'était toujours montré si prudent, cr*Jt, en i369t le moment venu de délivrer la France d'un joug honteux. Il se distingua dans la guerre contre les Anglais par la même circonspection qu'il avait montrée dans la lutte contre Charles 1 ©-Mauvais et les Compagnies. Il évita toujours les grandes* batailles, dont on avait fait une triste expérience, et enjoignit à ses capitaines de se tenir sur la. défensive. Maladif et peu guerrier, il dirigea cependant avec uue grande habileté les mouvemens ^es fermées , et parvint à peu près au résultat qu'il s'était proposé. Les Anglais ne conservaient , à sa mort, que trois villes françaises, Bordeaux, Bayonue et Calais.

IA Commune de Rouen ne pouvait rester étrangère à cette guerre. Sa position sur la Seine, à peu **^ distance des côtes de la Manche, l'exposait aUK premières attaques des ennemis. Le roi se hâta ** y rassembler des hommes d'armes et des vaisseaux; ** vint en personne, à Rouen, en 1369, avec son ***ère, Philippe, duc de Bourgogne», et inspecta la "otte réunie sur la Seine et destinée à faire une ^^scente on Angleterre. Charles V résida quelque *^**>ps dans cette ville, et spécialement au château **« Sainte-Catherine. Il y signa plusieurs chartes, ^ont l'une intéresse Rouen , et accorde des pri-

Froîssard, liv. I, 2e partie, ch. 283.

518 COMMUNE DE ROUEN. IIe PARTIE.

viléges aux hôpitaux de celte ville f. Quant au m mm projet principal du roi, l'invasion en Angleterre,^, s il ne put se réaliser. Les ennemis prévinrent le Français; ils débarquèrent à Calais sous la cou — j duite du duc de Lancastre, et s'avancèrent vers I Picardie. Le roi et le duc de Bourgogne quittèrent aussitôt Rouen avec tous leurs fortunes d'armes^ et marchèrent à la rencontre des Anglais ». Pendant . ce temps, une grande inquiétude régnait dans laville. On ne connaissait pas la pensée du roi, quj voulait uniquement surveiller l'ennemi, le laisseï s'épuiser par ses propres excès , et le' détruire partiellement. On s'attendait à une grande bataille qui pouvait amener les Anglais sous les murs dt Rouen. Le maire , Geoffroy du Réaume, qui étai M ^ en même temps capitaine de la ville, prit les pré-^^^ cautions les plus minutieuses pour la défense de Is>I place. Une délibération capitulaire, du la octobre*-^** 1369, nous apprend que, sur sa demande , le Cha-.^5. * pitre défendit de sonner les grosses cloches, qu*-* 1 devaient être réservées pour le cas où l'ennemi s'at procherait des murs. Pendant huit jours, on ne si servit, pour les offices religieux, que delà petite ^&{ cloche placée devant le chœur de la Cathédrale ^ \

1 Archives municip., reg. ~, f° 202 recto. * Froissard , liv. 1 , 2e partie, c. 283.

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