CHAPITRE VINGTIÈME
enfin, l'ennemi ayant tourné vers Aumale, le calme se rétablit, et on sonna, comme de coutume, les grosses cloches1.
Quoique la guerre se fût éloignée des murs de Rouen , les bourgeois souffraient toujours des maux qu'elle entraîne. Les campagnes étaient ruinées , et les paysans dans l'impossibilité de payer le prix de leurs fermages. Le Chapitre, par une délibération du 26 juin 1370, dispensa , à cause des
• Reg. cap. 1366-1373, f° 48, recto, « Ànnodomini MCCCLXIX», die veneris , XII octobris , Godefredo du R eau me existente majore et capitaneo villa? Rothomagi , quia dux de Lencastre , fitïus régis Angliae unà eu m Anglorum armatorum multitudine copiosâ , citrà mare existens propè Hareflotuno , gerens guerram hostilem contra regem Francorum Karolum per patriam cale* tensém cum suo exercitu equitabat , regni Francise habitatores invadendo et letaliter persequendo , ut villa Rothomagi prsedicta tutiùs servaretur, per dominos de Capitulo , ad supplicationem dicti majoris et capitanei , baillivi , vicecomitis , et burgensium Rothomagi , fuit ordinatum quôd cessa retur à pulsatione majorum campanarum istius Kcclesiae , nisi effroy gailicus per dictos iniiuicos accideret , sed parvae campana? antè chorum pendentes duntaxat pulsarentur ad horas assuetas , à quâ pulsatione cessatum fuit per octo dies continuos, et lapsâ die Villa praedictâ dictisque inimicis .à villa Rothomagi versus Albammallam conversis , dicta? majores campanae puisa tae sunt solito more. »
Voyez , en tête du volume, le dessin de la pierre tumulaire de Geoffroy du Réaume et de sa femme. II avait été inhumé à Saint- André-des-Fèvres ( rue aux Ours) ; mais, à la suppression de cette Église , sa pierre tumulaire fut transportée à Saint- Vincent , où elle est encore aujourd'hui. Je dois cette indication à M. A. Deville.
désastres de la guerre, un de ses fermiers de payer cent livres tournois qu'il lui devait l. Là fortune de beaucoup de riches bourgeois se trouvait com* promise par la dévastation des campagnes ; . aussi la Commune fit-elle des sacrifices considérables pour assurer le triomphe du roi et l'expulsion des Anglais. En 1370, elle paya une partie de l'impôt levé pour la défense générale du royaume. En 1 37 r , les Rouennais prêtèrent à Charles V l'argent nécessaire pour l'entretien de son armée de mer3. Ce prince avait toujours une flotte sur la Seine et dans le port même de Rouen. Plusieurs. chartes parlent de cette armée de mer, selon l'expression du temps. L'une, entre autres, donne aux capitaines des galères l'autorisation de prendre du bois dans les forêts de Roumare et de Rouvray, pour réparer la flotte de Rouen 4. Il y est stipulé que le maître du clos des Gâtées marquera les arbres destinés à la construction ou à la réparation des navires. Cette
1 « Super dampnis per Anglicos regni nostri inimicos factis . » Reg. capit. 1366-1373 , folio 54 recto.
2 Catalogue des Archives de Joursanvaulx , ann. 1370
3 Ibidem , ann. 1371.
4 « Comme ayent esté faites certaines instructions et ordonnances sur le fait de nostre navire (flotte) de Rouen et de nos œuvres , pourquoy il convicngne prendre bois en nos forez, etc. » Ordonn. des rois de France , VI , 218.