‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 137 sur 238 · CHAPITRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME

flotte ne réussit pas mieux que la précédente à opérer une descente en Angleterre. Mais les efforts de. Charles V , pour chasser les Anglais de la France, n'eu furent pas moins heureux , et la prudente tactique du roi fut couronnée du plus complet succès. Le héros de Crécy et de Poitiers, le prince Noir, alla mourir en Angleterre; les Anglais furent réduits à solliciter une trêve , et la France victorieuse jouit de nouveau de la paix et des bienfaits d'un gouvernement réparateur.

Cette heureuse situation se prolongea assez longtemps pour que Rouen pût donner à son commerce le plus grand essor. Mais , avant de suivre les Rouen nais sur les mers, et d'assister aux développemens de leur industrie , nous terminerons tout ce qui concerne le rôle extérieur de la Commune. En 13^8, Charles V se crut assez fort pour accabler son ancien ennemi , Charles-le-Mauvais, qui n'avait cessé de conspirer, et qu'on accusait même d'avoir tenté d'empoisonner le roi de France. Celui-ci se rendit à Rouen1, et résolut d'enlever au roi de Navarre toutes les places qui lui restaient en Normandie. Les Rouennais le secondèrent avec la plus grande ardeur. En quelques mois, toutes les villes de Charles-le-Mauvais furent prises; il ne

• Secousse , Hist. du roi de Navarre ,1,2* partie, p. 201. il. ai

lui resta plus que Cherbourg1 . lue roi de NavariH — ae pouvant défendre cette place avec ses propra»»» — forces , la livra aux Anglais. Charles Y ordoni^^^ à ses capitaines d'attaquer Cherbourg, mais la vik. ] était forte, et lesiége dura long-temps. Les Roue nais n'épargnèrent rien pour assurer le triomp du roi. Engins de guerre, cordages, chevauisc , chariots, ils fournirent toutes les armes, toUS: ^s les machines dont ils pouvaient disposer. Ils ^Envoyèrent des charpentiers dans les forêts de Lyorm s , de Roumare , de Mon t fort-sur- Ri si e , de Bernay, afin d'y faire construire, à leurs frais, toutes les machines de guerre. Aux portes même de Rouen , on travailla à un engin redoutable , nommé Mater* Robert von le transporta du Val de la Gatte jusqu'à la Seine, et de là à Cherbourg a. La ville payait toutes ces dépenses, et secondait énergiquem^i** Charles V dans le projet de détruire, en Normandie, la puissance de Charles-le-Mauvais. I/»**-" deur des Rouennais était encore stimulée par J** présence de Charles V, qui, pendant toute la duf^^

1 « Amisit omnia castella sua in Normannià pneter Cherbi* *~%> rex Navarrae, et fucrunt de vu Isa usquè ad terram. » Cbron. m&^-^~~ T" triplex et unum , folio 165 recto.

2 Archives municipales, Registre des délibérations de 139> 1398, folios 14 verso et suivans. Je dois cette indication à M. (^-^ — Richard.

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