‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 142 sur 238 · CHAPITRE VINGT-UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-UNIÈME

Néanmoins, en i366, un boucher de Rouen, nommé Guillaume, fut arrêfé pour délit forestier. Les maîtres des Eaux et Forêts sommèrent les bouchers de produire lé titre de leur privilège j et les assignèrent à comparaître devant l'Échiquier au jour des Eaux et Forêts. Les bouchers s'adressèrent alors au roi , qui, par une charte datée du 22 septembre! 366, ordonna au comte de Tancarville, souverain maître et réformateur des Eaux et Forêts, de faire une enquête sur les droits que prétendaient avoir les bouchers de Rouen. En con* séquence, le lieutenant du comte de Tancarville, assisté de deux maîtres des Eaux et Forêts, procéda à une information. Elle constata que de tous temps les bouchers de Rouen , demeurant dans les quatre portes de la cité ancienne et dans la vieille clôture de la ville , avaient eu le droit de prendre du bois de houx dans la forêt de Rouvray , aux époques et aux conditions ci-dessus indiquées. En conséquence , les commissaires levèrent l'opposition' que les gardes de la forêt avaient mise à l'exercice du privilège des bouchers, et, par une ordonnance du 1 2 novembre 1 366, confirmèrent tous les droits de cette corporation , mais en spécifiant formellement qu'il ne s'agissait que des bouchers de l'ancienne enceinte,et que tous ceux qui habitaient hors de la vieille clôture ne jouiraient pas du même pri-

vilége «. Ce texte confirme ce que nous avons àéjà dît plus haut des travaux exécutés à Rouen pendant cette époque ; une nouvelle enceinte de la ville venait d'être tracée et entourait le quartier Saint-Hilaire , mais les habitans de la nouvelle ville n'étaient pas admis au partage des franchises de l'ancienne \

Dans cette circonstance , il ne s'agissait que d'une corporation, mais bientôt la querelle prit un caractère plus général. Les officiers royaux attaquèrent les privilèges conquis parla ville en i35g, et confirmés par Charles Y à son avènement au trône. Dès 1367, les plaintes des bourgeois attestent que leurs droits n'étaient plus respectés. Ils présentèrent au roi une requête où ils exposaient les atteintes portées à leurs privilèges, et même à la

1 Voici les passages textuels : « Les bouchers habitans en la cité de Rouen, entre les quatre portes anciennes Les bouchers demourant entre les quatre portes de la cité ancienne et

.de la vieille closturc que nul autre boucher demourant

hors de la vieille closture de Rouen. » Archives municipales» tir. 113, n° 1. C'est seulement dans la seconde moitié du X^0 siècle que nous trouvons cette distinction ; il ne faut donc P*5 entendre ici par vieille clôture les enceintes de Hollon et ^e Henri H , mais les remparts de saint Louis. La nouvelle clôt***® indique les remparts élevés au xive siècle , pour entoure*" ** quartier Saint-Hilaire. Pour sentir la justesse de cette assert i°n il faut comparer les textes cités au chapitre XIV, p. 224 d^ ^ IIe partie de cette histoire.

2 Voyez plus haut, deuxième partie, chap. XIV, p. 224.

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