CHAPITRE VINGT-TROISIÈME
conserver , dans l'intérieur du royaume , les franchises de leur commerce. Ils obtenaient quelquefois, des cités voisines, lo privilège d'être traités comme leurs concitoyens. Ainsi , les habitans de Mantes leur accordèrent la permission de vendre leurs marchandises dans -l'intérieur de leur ville comme s'ils en étaient habitans1. La position de Mantes sur la Seine , entre Paris et Rouen , donnait une grande importance à cet acte de confraternité. Mais les Rouennais ne rencontraient pas toujours des dispositions aussi favorables. Souvent on tentait d'arrêter leurs marchandises, et de les soumettre à des impôts dont ils étaient exempts en vertu d'anciens privilèges. Ainsi , à Neufchâtel , les- officiers de la reine Blanche a, qui avait reçu cette ville
1 Voici le texte de la charte accordée aux Rouennais par les habitans de Mantes : « Notura sit t/ini praesentibus quàm futuris quôd cives Rothomagi taies consnetudines ad Meduntam habent quod possunt vendere et einere sicuti unus burgensiura Meduntae in vineis, in ccllariis , et ubiquè, et carcare et discarcare in granariis, si vol un r , sine societate hominis Meduntae, et facere omnem mercatoriam , sicut unus ho mina m Meduntae , et si Jto* mines Meduntae interrogant ha n sa ni , opportebit ut eis nominetur id de quo interrogaut, et, si custos navis affidavit quod hihfl in navi , quae nominabitur, habuerit, fi de suâ quietus «rit, et, ut hoc flrmum et stabile sit etfirmatum, sigillo communia? Meduntae hanc pactionem tenendam homines Meduntae affidaverunt. » Archives municipales, reg.A, f° 229 recto.
7 La reine Blanc lue, dont il s'agit ici , était veuve de Philippe de Valois.
en douaire, voulurent entraver le commerce des bourgeois de Rouen. Ceux-ci recoururent à la reine , qui , en 1 366 , leur accorda , à Néaufle près de Gisors, une charte favorable à leurs prétentions ' . Elle enjoignait à ses officiers de laisser passer à Neufchâtel les bourgeois de Rouen , sans exiger d'eux aucun droit. Cependant , Pierre Honoré , prévôt de Neufchâtel, persista dans ses prétentions, et arrêta les marchandises de Geoffroi Lefèvre , bourgeois de Rouen. Alors la Commune porta ses plaintes devant les commissaires qui tenaient les Grands-Jours à Yernon , au nom de la reine Blanche. Il fut constaté que Geoffroi Lefèvre avait sa demeure dans les anciennes limites de la ville près de la porte du Grand-Pont. C'était donc un véritable bourgeois de Rouen , titre souvent refusé à ceux qui habitaient la nouvelle enceinte. Aussi, la Commune obtint-elle que ses marchandises lui fussent rendues, et un ordre itératif de la reine Blanche, daté du 2 octobre i366, enjoignit à ses officiers de Neufchâtel de laisser passer librement les marchands rouennais2.
La Commune de Rouen fut également victorieuse dans ses contestations avec la Flandre. Elles
1 Archives municipales, reg. A f™ 106 verso, et 107 recto.
* Ibidem.