‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 156 sur 238 · CHAPITRE VINGT-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-TROISIÈME

s'étaient renouvelées à l'occasion de la confiscation des marchandises de plusieurs Roueimais ; un arrêt du Parlement de Paris, daté du 10 juillet i366 , eujoignit au comte de Flandres de laisser les bourgeois de Rouen jouir paisiblement du privilège de transporter leurs denrées dans les villes flamandes, sans payer aucun droit '.

Mais, de toutes les luttes que soutinrent, pour leur commerce, les habitans de Rouen, la plus acharnée fut dirigée contre Paris. Ces deux viMes, dominant l'une la Haute-Seine , l'autre la Basse- Seine, avaient, dans leur commerce, trop de points de contact , pour qu'il n'en résultât pas de sérieux conflits. Leur lutte , qui occupe une large place dans l'histoire commerciale de Rouen au moyen -âge, présente trois époques: la première s'étend depuis le xne siècle jusqu'à la conquête de la Norinaudie par Philippe-Auguste ( iao4 )} la seconde jusqu'à l'époque où Philippe- le-Bel, après avoir supprimé la Commune , refusa , tout en la rétablissant ( i 294), de lui rendre le privilège exclusif de navigation sur la Basse-Seine ; enfin , la troisième se prolonge jusqu'à l'époque où la royauté supprima en même temps les privilèges exclusifs des deux villes (i45o). Nous nous bornerons à résumer ce qui concerne les deux premières époques, ' Archives municip., tir. ?. , n° f , et tir. 313, n° I.

566 COMMUNE DE ROUEN. Il* PARTIE.

qui ont été étudiées antérieurement, pour insister plus spécialement sur la troisième.

Au xne siècle, Paris et Rouen étaient capitales de deux états différons , et la Normandie n'était pas le moins puissant. Louis VIL permit aux Rouennais , en 1 1 70 , de conduire leurs bâtimens vides jusqu'au pont du Pecq, et de les ramener sans les soumettre à la corporation des mariniers de Paris T; mais, en même temps, il posa en principe qu'aucun marchand ne pourrait transporter ses denrées du pont de Mantes jusqu'à Paris, sans être de la corporation des marchands de l'eau de Paris, ou avoir avec lui quelque marchand parisien qu'il prendrait pour associé 2. De leur côté , les Rouennais interceptaient le passage de la Basse-Seine, et s'en réservaient la navigation exclusive. La corporation des mariniers de Rouen n'était pas moins puissante que celle des uautvs de Paris.

Cette situation cessa en 1204*, la ville de Rouen fut alors réunie à la France et soumise à Paris, capitale de tout le royaume. Il y eut, à cette époque, une tentative de transaction entre les deux villes. Il

1 Voyez lert partie , chap. Il, p. 34.

a « Nemini licet aliquam mercatoriam Parisiensem per aquam adducere vel reducere à ponte M edunta? usquè ad pontes Parisii , nisi ille sit Parisii aquae mercator, vel nisi aliquem Parisiensem aquae mercatorem socium in ipsâ mercator iâ habuerit. » Charte de Louis VII , Ordonn des rois de France.

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