‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 175 sur 238 · CHAPITRE VINGT-SIXIÈME. 1564— 15S · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SIXIÈME. 1564— 15S

aigrit l'archevêque exilé, et qu'il signa un traité avec Charles-le-Mauvais , ennemi déclaré de Charles V. Ce fut du moins ce que déclara le secrétaire du roi de Navarre , Pierre Du Tertre , lorsqu'il fut interrogé par les commissaires royaux '.

Le siège archiépiscopal resta vacant pendant plusieurs années, et Charles V ne se hâta nullement de remplir le vide laissé par Philippe d'Alençon. Il avait placé à la tête du chapitre de Rouen, et par conséquent de tout le clergé du diocèse, un des hommes les plus éminens de l'époque. Dévoué à son ancien élève, le doyen Nicolas Oresme imprima au clergé une direction favorable au roi. Il a joué dans notre ville un rôle trop important, pour que nous ne nous arrêtions pas un instant sur le caractère et les talens qui le recommandaient à la faveur royale.

Nicolas Oresme était célèbre par sa science. Avant d'être appelé à la direction du chapitre de Rouen, il était grand-maître du collège de Navarre a, d'où sortirent des théologiens célèbres, les D'Àilly, les Gerson, les Clemengis, et qui, pour dernière et suprême gloire , compta Bossuet au nombre de ses

1 Voyez la déposition de Du Tertre , dans Martenne , Thésaurus anccdot., I, p. 1531. — (rallia Christian a , XI, 83.

a Ce collège tirait son nom de sa fondatrice , Jeanne d'Kvrcnx , reine de Navarre. C'est aujourd'hui l'Ecole polytechnique.

disciples. NicolasOresmc était digne, par sa science et ses vertus, du rang qu'il occupait. Chargé de I éducation de Charles V, il avait contribué à lui inspirer l'amour des lettres, dont le sage roi donna des preuves éclatantes, et par les récompenses accordées aux savant» et par la fondation de la bibliothèque royale. En i3b3, trois ans avant d'être nommé doyen de l'Eglise tic- Rouen, Nicolas Oresme avait été chargé d'exposer à la cour pontificale siégeant alors à Avignon , les intérêts du clergé de France. Il s'acquitta de sa mission* avec irne liberté digne de cette Eglise gallicane qui sut concilier la soumission avec l'indépendance* Dans une harangue prouoncée devant le pape Urbain V et les cardinaux, il montra cette sage indépendance qui caractérisa toujours l'Ecole de Navarre. Il se plaignit de l'inégalité qui régnait dans l'Eglise, où quelques-uns s'élevaient au-dessus des princes, tandis que les autres restaient au-dessous du vulgaire1. Dans la suite, il seconda le mouvement que Charles V imprimait à la littérature et à la philosophie; il traduisit en français une partie des œuvres d'Àristote, et notre ville possède encore un magnifique i Manuscrit de cet ouvrage, qui lui fut probablement

r d Ut il quidem estent majores quàm principes s aeculîj cselcii dejertiores vul^o. » Brown , Jppendir nrf fa&cf&uttim rem m tjepr/end ftnt m et ftt ,n i irtt da ni t?i , \t. ft fi fJ .

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