CHAPITRE TROISIÈME
tristes variations d'un pouvoir sans volonté ferme , sans pensée arrêtée, guidé, non parle sentiment du devoir ou l'intérêt du pays, mais par le besoin du momeut, et vivant , pour ainsi dire, au jour le jour. Le a3 mai i3>45, parut une nouvelle charte, qui renouvelait le privilège accordé à la Commune en i34a- Le roi rappelait l'opposition de son' ptocureur et VeiHionnatme subreptice1 qui lui avait donné gain de cause. Philippe de Valois déclarait que l'affaire avait été portée devant le grand conseil , qui , depuis le règne rde Philippele-Bel, prononçait sur toutes tes affaires importantes. I^a question y avait été sérieusement exanûtfée et résolue à J'avantage des Rou^nnais. Eu conséquence, le roi ordonnait impérieusement au bailli de laisser le$ bourgeois de Rouen jouit de ledits privilèges, et imposait perpétuel silence à son procureur sur cas matières. La lettre se terminait par ces ordres positifs : « Fsts et. accomplis notre «volonté de telle sorte que les. plaignans n'aient « plus à nous adresser leurs dolpançe$; contre toi; « car sache que cela nous déplairait fortement , et « que nous te le montrerions2.» Il est probable que
1 « a impétitôde bous lettrés subreptices. » Charte de Philippe! de Valois, du 23 mai 1345, Archives municipales , tir. 380, n° 1.
1 « Ce fay et aeomptisi et pat tele naamèrequé les die «igniflanx n'aient cause d'en revenir pins plaintis par devers nous tre
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le bailli ne viola pas les ordres donnés d'un ton si absolu et si menaçant. Cependant, on pourrait concevoir quelque doute #éh voyant le privilège des Rouennais confirmé deux ans plus tard, au mois d'avril i347? par une nouvelle charte de Philippe de Valois1. Dans cette dernière ordonnance, on trouve urçe exception dont il n'est pas fait mention dans les chartes antérieures, « Les appels du maire « seront portés devant l'Échiquier, dit l'ordonnance a de i347? excepté en ce qui concertie les étrangers a passant par Rouen , et les per son nés misérables*. » Ces mots personnes misérables avaient alors an sens assez étendu ; ils ne s'appliquaient pas seulement aux pauvres, mais aux veuves, aux oirphèKtag, à tous ceux qu'on regardait comme incapables de se défendre par eux-mêmes. Malgré cette Restriction y la Commune conserva le privilège qu'elle avait obtenu; la justice du maire ne releva plus que de l'Échiquier de Normandie.
Dans une question beaucoup moins importante, la bourgeoisie remporta encore une victoire sur les officiers royaux. Il s'agissait de savoir. à qui appar-
ton deffaut ; car saches qu'il nous desplairoit fortement , et te le monstrerions. » Charte de Philippe de Valois, ibidem.
1 Archives municipales , tir. 380, n° 1.
2 « Excepté tant seulement quant aux gens forains passant la dite ville et aux misérables personnes. » Ibidem.