‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 183 sur 238 · CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME

K^harte aux Normands ' . Jusqu'alors la scèue n'était que bouffonne et extravagante, mais elle prit bientôt un caractère atroce : des cris de mort se firent entendre contre les collecteurs des deniers royaux. Le fantôme de rot, tremblant pour lui-même) et toujours en présence de la mort', ne put protéger ces malheureux ; la populace les «égorgea et pilla leurs maisons. Ivre de sang, animée par les coups redoublés et incessans du tocsin, elle força les prisons y en arracha les criminels, et se livra partout aux excès les plus odieux.

Lorsque les factieux eurent assouvi leurs vengeances et souillé la place du Marché par des scèues ridicules et sanglantes , ils se rappelèrent qu'ils avaient d'autres ennemis, toujours présens et d'autant plus odieux. Les privilèges ecclésiastiques étaient, nous l'avons vu, un sujet continuel de lutte entre la Commune et le clergé. Le Chapitre et les moines de Saint-Ouën étaient surtout l'objet des attaqués continuelles de la bourgeoisie. Nous ne savons pas, d'une manière précise, quelles furent les vexations qu'on fit subir au Chapitre. Il y eut cependant des excès commis ; car nous trouvons dans les registres capitulaires des plaintes contre

1 M. Floqoet , Hist. de V Échiquier , p. 208. * « Mctu mortis. »Monach. S. Dyonisii , ibidem.

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la Commune , et lu denhande d'une réparation pour Yeêirtja/'es r dommages et méfaits > dont Féglise Gathédrale avait été victime pendant cette émeute * . *'»Mais c'était surtout) l'abbaye de fiabat^Quén qui enoitait le ressentiment du peuple. EHe *vait récemment encore. gugaé un pnacàsnc outrée Gon» iflUne?et il était impossible <jueydaT^cette*jouruée ttef venge*nee i tm oBkHÀtlestroomë* dont iV^ gàeft «blessait 1* ville ± •. et * vaït déjà pti£ d'une fois provoqué de» émeutes; Aussi . 1s pepultc* se remit*elle bientôt en^marehe-f perlant -toujom^Aau roi en; triompha; EUe arriva aiusi» suri la place qu'on appelait lW^>de&iot»Ouëoy força tas portes, de 1 abbaye , etavafak la tour où étaient enfermés le$ chartes, les lacéra et. les détruisît eutiàreœeat*. Les moines ne pourraient plus maintenant ^ tomme pendant le dernier procès, citer avec orgueil leurs chartes: carlôvingienues 3, et opposer aux prêtent tiôris récentes de la Commune l'antiquité de leurs privilèges. Mais où: ne se contenta pas de: cette

* « Super facto injuriarum dampnoruin et maFefactorum per céfoin'iinHatétn vilte' RothoMàgcniis in ukimà «raaorotioftè ipftas viM» hiwc ccclesiae factorunu » Regist. capit*, diçxv menais aprilis ann. 1383. — Le Moine de Saint-Denys confirme ce fait : « Mûltis dampnîs et gmaminibus y iris ecotesiasticis illàtis. » Ibid

7 « Turrim cartarum violenter ingressi , privilégia distrabunt et disrumpunt. » Monach. S. Dionysii , ibid.

3 Voyez le chapitre précédent.

CHAPlf RE VINGT-SEPTIÈME. iBiO«~i882. 4ft*

ï>â*écaution ; on voulut enchaîner les moitié*. par ^n serment, et la multitude se mit à la recherche tl^ l'abbé* qui s'était efforcé de se dérober à la fureur populaire; on le découvrit, on le traîna tout tremblant devant le peuple irrité, et on exigea de lui une renonciation solennelle à tous ses droits comme seigneur temporel. La résistance eût été inutile et dangereuse. On menaçait d'égorger l'abbé et lès faoines, çt de détruire leur abbaye de fond en comble. L'abbé fut foncé décéder et de faire rédiger immédiatement une charte dont voici le sens : « A tous ceux qui ces présentes lettres verront, frère Àrnault, par la permission divine, humble abbé du monastère deS.-Ouën de Rouen, et tout le couvent de ce lieu , salut en notre Seigneur: Un différend s'^st élevé depuis long-temps entre nos biefo^aimés les maire , pairs , commun et habitons de la ville de Rouen, et nous abbé et couvent de SaÂàt-Otiën, parce que nous prétendions avoir droit de barotmie dans la ville et banlieue de Rouen, et que les maire, pairs et bourgeois soutes naient le contraire; de là sont résultés de longs procès entre nous. Nous, aujourd'hui, de notre commun accord et couseutement , avons renoncé et renonçons entièrement aux dits procès, de notre borner volonté et sans contrainte, et nous promettons que jamais nous ne les renouvellerons sous

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