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COMMUNE DE ROULW IIe PARTIE.
forme de doléance, appel au Parlement ou à l'Echiquier, ni par quelque autre voie ou manière que ce soit ou puisse être; nous nous y engageons sur tous les biens île notre église* tant mobiliers qu'immobiliers, renonçant à tôt il es les grâces et indulgences que nous pourrions obtenir du pape , des rois, princes, prélats ou autres, eu général à tout ce qui pourrait, en fait comme en droit, nous relever de la présente renonciation, et, entre autres, au texte de droit disant qu'une renonciation générale est sans valeur. Nous jurons en nos consciences que nous n'agirons ni ouvertement ni clandestinement contre ces présentes, et, dans le cas contraire, tous nos biens répondront des dommages et dépens qui en résulteraient. Nous voulons que te porteur de ces lettres soit cru sur son serment, sans faire autre preuve , et eu outre nous nous obligeons à reconnaître et confesser d'ici à l'Ascension les déclarations précédentes devant tel juge ou tabellion royal que les maire, pairs, commun et habitaus de Rouen ou le porteur des présentes, voudront désigner; et nous les déli vrerons tant pour le roi que pour tout autre. Si nous avons basse juridiction en quelque lieu île la ville ou banlieue, uous reconnaissons la tenir du maire, et sous le ressort de sa juridiction , sauf en toutes choses le droit du roi. En foi de quoi f uous avons apposé à ces lettres
CHAMf RE VINGT-SEPTIÈME. 1380 — 1582. 441
*<e sceau ordinaire de notre Eglise. Fait Van de grâce i38i , le mardi xxve jour de février (a5 février i382 N.-S.1)» Quoique les chroniqueurs contenir porains affirment qu'il, n'y avait dans la foule insurgée que des ouvriers ivres, on reconnaît dans les conditions imposées à l'abbé de Saint-Ouên la main de quelque jurisconsulte, qui s'efforce dé lier les inoine&, et prévoit même les textes de droit qu'ils pourraient invoquer contre leur renonciation. Après avoir soumis l'abbé de Saint-Ouën à cette humiliation, la foute se porta en masse vers Bihorel , où s'élevaient lés fourches patibulaires, signe de là haute justice de l'abbé. C'était là encore que, dans le dernier procès, on avait fait pendre tin bourgeois que réclamait la Commune*. On renversa le gibet , pour ne laisser subsister aucune trace de la puissance dés moines de Saint-Ouën 3. Il est probable que le gibet de Fécamp dressé à Saint-Gervais ne -fut pas plus épargné..
TjCS rebelles étaient alors maîtres de toute la ville,
* Archives départementales; Abbaye de S.-Ouën , premier carton de la Harelle.— Voyez le texte, aux Pièces justificatives, n° III.
2 Voyez le chapitre précédent. "
3 Une charte du bailli de Rouen , Guy Crestien, reudue en 1383 , nous fait connaître l'arrêt du Parlement de Paris , qui autorise les religieux de Saint-Ouën à relever leurs fourches de Bihorel détruites pendant la Harelle. ( Archives départem., premier carton
«le la Harelle. )
44* COMMUNE, DE ROUEN. HrPAITH; ;
sauf te château, dont ils voyaient les tours ■ et les hautes muraille» se dresser devant *ux. Il y avait à .peine trente ans que lés bourgeois s'étt étaient emparés x . Ce souvenir et JVntraîftetnent de la passion* poussèrent une ratrltitude * coafbse. et à peine armée91 contre une citadelle* anime i de: 'troupes et d'artillerie; D'ailleurs ,1 lu popnriacej i*'avaifc plus rien à ménager, si; comme Wracoate Froissant* elle avait égorgé le chitebm royal 3d Elle s'avança doue pour escalader les rompants du château y «nais elle- fut repoussée avec 1 perte? plusieurs ddsrts* seillans furent* tués ou mortellement blessée 4. Le mauvais succès de cette attafcjuevla laasiMide-ét peut-être aussi cette secrète appréhënsiéu qui» suit toujours les grands excès, déterminèrent enfin, la multitude à se disperser.
1 Ainsi se termina la célèbre HareMe* où le peuplé de Rouen, sortant entièfetiaent de sou caractère, d'ordinaire modéré et réfléchi, se livra aux excès les plus criminels. Quel avait été, pendant ces scènes d'orgie, le rôle de la bourgeoisie ? Elle parait avoir laissé faire. Elle fut probablement bien aise, au premier moment, qu'une manifestation
1 Voyez deuxième partie, chapitre XIII , 198.
3 a Gens stolidaet inerrais. » Monach. S. Dionysii , ibidem.
3 Froissard , liv. II , eu. 128.
4 Monach. S. Dionysii, ibidem.