‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 189 sur 238 · CHAPITRE VINGT-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-HUITIÈME

domptés. Ils supportaient avec impatience les énormes impôts dont les avait accablés la vengeance royale, et, lorsque la ville ne fut plus menacée par les hommes d'armes appelés à la guerre rie Flandre, la colère du peuple éclata. Un vendredi, jour de marché, le i#f août Titte, les collecteurs des aides dressèrent leur table sur la place publique et voulurent percevoir la taxe imposée sur toutes les ventes. Il s'éleva probablement quelque contestation, et les gens de campagne qui étaient là en grand nombre et qui n'avaient pas été témoins des premières punitions, se jetèrent sur les officiers royauk, renversèrent leur table, dispersèrent leurs deniers, et les forcèrent de se dérober à la mort par une fuite précipitée \ 11 ne paraît pas que cette émeute ait eti des conséquences plus graves; elle attesta seulement à quel point était portée l'indignation contre ces taxes que le pouvoir multipliait sous toutes les formes. On ne punit pas immédiatement cette seconde révolte; il fallait, avant tout, en détruire le principe en triomphant des Flamands. Vers la fin de Paît née 1 383, le roi, à la tète d'une nombreuse armée, arriva en Flandre. II

1 aucun historien n'a parlé de cette seconde émeute , qui est cependant Incontestable. On la trouve, en effet, mentionnée dans une charte royale , où l'on relate l'époque précise de la sédition et la justification des Rouennfcfs. Archives municipales, tir. 3, n°a 2 et 3; voyea le texte, aux Pièces Justificatives, n° V. u a»

4*4 -. COMMUNE Dfi iOUBN. Il* PAITN&< i

août i38a. Vainement les bourgeois objectèrent» ^r^ que cette émeute avait été causée par des gens quf m^m étaient étrangers à la ville, et ne s'y étaient rendue *v m que pour le jour du marché; vainement ils repré- *sb'seotèrent que , n'ayant plus ni armes , ni magistrats -» , Us n'avaient pu s'opposer aux rebelles ; les cornac- «Nssaires ne voulurent rien écouter, et continu? ni— n leurs procédures , pendant que les bourgeois eir jvoyaientde nouveaux députés à Charles Y L L^^ss Rociennais furent divisés en trois catégories. .GeiK x qui. Vêtaient opposés à la levée des impots £urerr»t condamnés à mort. .D'autres , qui avaient déjà sufc^i un long emprisonnement , et qui n'étaient ooupw- blés que d'inaction , rachetèrent leur vie par Xetm^mcrifice de leurs biens. Enfin , ceux mêmes qui n'^ taient pas dépositaires du pouvoir municipal , i^l semblaient à l'abri de toute responsabilité, vm * s'exemptèrent delà prison qu'en payant sur~le-chatik g> des sommes considérables '.

Clés procédures et ces exactions traînèrent e &* longueur, et les commissaires royaux étaient eocoi ^r à Houeu au mois de juin, lorsque Charles VI leit *~ adressa de nouvelles lettres en faveur des bourgeois de Rouen. Le roi, après avoir rappelé les émeute»/

1 Moine de St-Denys, I, 252. — « Ingcntes pecunias violenter et ad placitum exegerunt, quas oportcbat s al ver e sine ni or A. » Idem, ibidem, 2->4.

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