‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 198 sur 238 · CHAPITRE TRENTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTIÈME

les anciens pussent initier les nouveaux conseillers aux détails de l'administration. Dans le principe , le conseil des échevins était presque en tutelle; il ne pouvait s'assembler sans l'autorisation du bailli, et il devait être présidé par ce magistrat ou un de ses lieutenans. Mais, une fois constitués, les échevins secouèrent le joug qu'on leur avait imposé , et une ordonnance royale, en date du io décembre 1098, les autorisa à s'assembler sans le bailli, pour les affaires ordinaires de la ville. Les événemens se chargèrent de donner à la nouvelle administration municipale une influence presque égale à celle des anciens maires. La folie du roi , les divisions et les crimes des princes, l'affaiblissement de l'autorité centrale, rendirent aux villes presque toute leur indépendance. A Rouen , les échevius ne tardèrent pas à reconquérir une grande partie des privilèges enlevés à la cité par suite de la Harelle. Ils obtinrent d'abord la confirmation de la charte de Philippe-Auguste, base de la Commune. Ils en firent transcrire une traduction sur les registres municipaux , le 1 o janvier 1 3g 1 ( 1 '5g* ) l, et , quelques années plus tard , en septembre 1 3g4 > une ordonnance royale confirma cette même charte a.

1 Archives municipales, Reg. des délibérations, à la suite de la séance du 10 janvier 1391.

2 Archives municipales, reg. i, folio 4! verao.

4m COMMUNE DE ROUEN. ll« PARTIE.

Les échevins travaillèrent ensuite avec, zèle et persévérance à faire disparaître tous les abus qui s'étaient introduits au grand détriment de la cité. Nous avons déjà vu qu'à la suite de la Harelle, les gens de la maison, du roi avaient sauvent tenté de traiter Rouen comme une ville conquise. Les courriers , ou, comme dit la charte, les clievaucheurs îles écuries -du roi et de la reine , s'emparaient souvent des chevaux des bourgeois, sous prétexte du service public. Les échevins obtinrent , en 1 3^4 ? une ordonnance royale qui supprimait cet abus , et enjoignait au bailli de s'y opposer '. L'opposition énergique de l'administration municipale triompha de la tentative faite pour établir à Rouen des monopoles en faveur de quelques officiers royaux. Les échevins maintinrent leur droit de nommer le commis pour la perception des Hanses, droit que le roi avait voulu transférer à un de ses officiers2. Ils obtinrent que les Rouennais jouissent , comme par le passé, du privilège de faire paître leurs bestiaux dans les forets royales3. Les bourgeois furent exemptés du service militaire hors dos murs de leur cité4. Le roi défendit expressément aux

1 Arch. mun., reg. îi , folio 141 .

a Ibidem, reg. ", folios 197 verso et 193.

* Ibidem, tir. 31 , n, 1.

* Ibidem , tir. G, n. 1.

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