‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 208 sur 238 · CHAPITRE TRENTE-UNIÈME. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-UNIÈME. i

approfondi dépasserait les limites de notre sujet '. Ce qui est certain , c'est que les fortifications de cette partie de l'enceinte ne furent achevées qu'après la Harelle, au commencement du xve siècle. Dans les enceintes successives que nous venons clé voir s'agrandir et se compléter jusqu'à la fin du xive siècle, de nombreux monumens s'élevèrent, disparurent et firent place a de nouveaux édifices mieux appropriés aux idées de l'époque et au caractère de la cité. Ce furent, surtout , la royauté et le clergé qui construisirent ces monumens. Les divers châteaux qui ont dominé Rouen , caractérisent les diverses puissances qui les élevèrent. Le plus ancien , le château de Rollon , dont le souvenir s'est conservé presque jusqu'à nos jours, dans l'église de Saint-Pierre-du-Châtel , fut bâti sur le bord de la Seiue. C'était de là , en effet, que les pirates tiraient leurs forces. C'était le fleuve qui leur amenait les hommes du Nord , leurs coun patriotes et leurs défenseurs contre les Français *\ Ce fut encore sur les bords du fleuve que s'éleva

' Mon ami M. Richard traite cette question à fond dans son ouvrage intitulé : Notes et Documents sur l Histoire de Rouen. Il pense qu'il n'y a pas eu d'enceinte intermédiaire , ni de porte à la Croix-de-Pierrc. J'ai indiqué plus haut les motifs sur lesquels peut s'appuyer l'opinion contraire.

a Voyez Histoire du Château d'Arqués , par M. A. Dcvillc, suite système de Fortifications des premiers ducs normands, p. 274 et 275.

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le second château des ducs de Normandie, beaucoup plus vaste et plus célèbre que le premier. Séjour des ducs depuis la fin du xc siècle, il fut témoin de bien des scènes de violence et de grandeur, de gloire et d'infamie. Il vit Guillaume-le- Conquérant tenir sa, cour féodale avec les hauts barons de Normandie* et enfermer dans les cachots de la forteresse son propre frère, le turbulent évoque de Bayeux,plus fait pour porter la masse d'armes que la crosse pacifique. Le Saut-dt-Conaii rappela long-temps le triste sort de ce bourgeois, chef et victime d'une des premières insurrections populaires1. Ce fut là enfin que Jean-sans-Terre se souilla, si l'on en croit la tradition, d'un crime horrible , du meurtre de son neveu , Arthur de Bretagne, attirant ainsi sur sa tête la juste vengeance de Philippe-Auguste. La citadelle tomba sous les coups de ce dernier roi ; et sur ses ruines on construisit les Halles, mais le nom de Basse- Vieille-Tour rappelle encore aujourd'hui que, dans cet emplacement , s'élevait le château des anciens ducs. Philippe-Auguste le remplaça par une nouvelle forteresse. La ville s'était surtout étendue vers le nord; le terrain présentait de ce côté des accidens dont on profita pour domiuer la cité plus encore que pour la défendre. Le château de Philippe- 1 Voyez tome I , Introduction, p. lxwiii et suiv.

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