‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 210 sur 238 · COMMUAI* DE KOUEiW U* PAM1E · texte numérisé non relu

COMMUAI* DE KOUEiW U* PAM1E

Ce rapide historique de nos anciennes forteresses suffit pour prouvée* que le pouvoir centra) avait toujours dans Rouen une glande autorité. Il n'en était plus de même de la féodalité, qui avait été peu. à peu forcée de renoncer à ses prétentions. , Les droits féodaux étaient presque exclusive* ment , dans cette ville, l'apanage du clergé. Les chanoines, qui jadis avaient soutenu tdnt de luttes pour leurs privilèges^ se bornaient , à la fin du xive siècle., a maiutepir les franchises de leur aître. et dès maisons capitulaires. . L'archevêque ne prétendaitau droit de justice que dans son manoir archiépiscopal et la cour TOf&ftial: ( cour tdes Libraires ). L'évêque de Lisieux , a Saint -Cande- le -Vieux, l'évêque de Coutances , à Saint-Lô , avaient des privilèges qui ne dépassaient pas les limites de leurs hôtels et de leurs églises. Les moines de Saint- Ouën aspiraient- seuls à des droits plus étendus. Ils en avaient été plus d'une fois punis, et surtout pendant la Hardie. Même, après l'émeute, et au moment de la dissolution de la puissance communale, les officiers royaux résistèrent , comme nous le verrons plus loin , aux prétentions exorbitantes, de cette abbaye. Quant à la noblesse féodale , elle avait toujours eu peu d'autorité dans Rouen. Ses manoirs étaient situés dans les campagnes, et les hauts barons ne paraissaient guère, dans cette ville,

CUA1MXHL TKtiNTE-UMfcMli. 1635-1418. 303

cloqt les privilèges les blessaient, que .pour parer l'Échiquier, selon l'expression des Registres, ou assister à quelque pompe solennelle. La nouvelle féodalité ou aristocratie municipale exerçait une grande autorité, surtout quand elle unissait ses intérêts à ceu^de 1» petite bourgeoisie et des corporatious d'arts et métiers. L'hotèl du Tôt, qui n'a été détruit qu'à une époque réeeute, était un des manoirs de cette nouvelle aristocratie. Les seigneurs du Tôt avaient, droit de. colombier dans l'intérieur de la ville. ... i . ■ .: î. .

La communauté des bourgeois , même après l'abolition. de son ancienne organisation municipale, conserva une grande influence.. Elle avait toujours l'hôtel de ville; elle releva son beffroi , et y suspendit la vieille cloche , la Renhel ou Reubel , qui , depuis tant de générations , sonnait le couvre-feu , appelait les bourgeois aux assemblées municipales , et donnait le signal des réjouissances ou des alarmes publiques. Les Rouennais ne tardèrent pas à rétablir leurs chaînes au coin des rues, et la milice bourgeoise fut réorganisée. La cité conserva la propriété de ses moulins, dont l'acquisition remontait à saint Louis, et, peu d'années après la Harelle, les magistrats municipaux furent chargés de veiller à l'entretien des routes. Ils firent alors réparer la chaussée de Martainyille , qui s'élevait au milieu

906 * COMMUEE DE ROUEN. ïf PAltftËi ■

d'un terrain marécageux, < et conduisait au monastère et au fort de Sainte-Catherine , ainsi qu'à la roatede Paris1. Il fallut plusieurs aimées et de* dépenses considérables- pour achever ces travaux. Ils «étaient d autant plus nécessaires r que les officiers royaux, chargés pendant phjsieurs années de l'entretien des chaussées et autres voies publiques, les avaient laissées dans un état ^abandon et de ruine. Les sommes jadis consacrées au pavage et i l'entretien des routes , avaient été livrées à d'avides courtisans , ou prodiguées en dépenses inutiles. L'état des routes était encore déplorable en 1 407 ; une charte de» Charles VI l'attester* En plusieurs « chaussées, /plades et lieux., il y a grande ruine et « nécessité de réparer, au point que les marchands et a bonnes gens ne peuvent faire passer leurscharrettes « et chevaux chargés, sans trébucher et cheoir a. » Comme unique trioyen de porter remède à un état aussi déplorable , on confia aux bourgeois le soin de faire réparer les chaussées et voies publiques, et de prélever les impôts qui devaient y être consacrés. Avec cet argent, les. échevins remirent les chaussées en bon état, et firent paver la ville1.

1 Archives m uni ci p., Reg. des délibérât., séance du 22 avril

a Ibid., Reg. ", f>* 116 recto et verso , 117 recto et verso.

3 Ibid., Ke#. des délibérât., séance du 18 février 1408 (1409.)

Page 1