CHAPITRE TROISIÈME
Mais le duc de Normandie , Jean , leva cette opposition , et , par une charte datée du 1 7 mars 1 34 7, confirma le privilège de la Madeleine1. Il ne se montra pas moins généreux envers l'hôpital de la rue Saint-Ouën; il autorisa les religieux qui le dirigaient à vendre leurs fruits dans toute la* ville sans payer d'impôt2. Il prit sous sa protection' spéciale l'hôpital Saint- André-hon&»Vil)e, et déclara qu'il relèverait directement du roi et de son aumônier J. Ce n'étaient pas la des privilèges qui pouvaient blesser la Commune de Rouen. Les. maisons des pauvres, fondées par la charité, avaient droit à ces faveurs, et la bourgeoisie ne s'opposait qu'aux privilèges qui violaient son autorité.
En résumé , la Commune de Rouen avait su conserver, sous le règne de Philippe de Valois, toutes ses franchises. Le maire avait même conquis un grand avantage, en obtenant de ne relever, pour sa juridiction, que de l'Échiquier de Normandie. Il est probable que les succès de la Commune eussent été encore plus rapides et plus éclatans, sans les dissensions intestines qui ne cessèrent de
1 Archives municipales, reg. A , t° 206 recto et verso*
* Ordonnances des rois de France , VIII , 166.
3 Hospitale seu Domum-Dei sa net i Andréa? in Rotiiomagens* (urbe). » Ordonn. des rois de France , IV, 123. Farin ne parle pas de cet Hôtel-Dieu dans le chapitre qu'il a consacré aux hôpitaux de Rouen.
l'affaiblir pendant toute cette .époque. L'ancienne rivalité entre la liante et la petite bourgeoisie donna lieu à de violentes querelles, et fut même, cause de la suspension temporaire de la Commune, qui, sur la demande du menu peuple, fut mise en la main du roi. Mais la Commune, comme nous le verrons dans le chapitre suivant , sortit encore victorieuse de cette dangereuse épreuve.