‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 25 sur 238 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

rendait peut-être pas assez compte des charges considérables qui pesaient sur une ville comme Rouen. L'agrandissement de la cité, la nécessité de se mettre en défense contre l'ennemi , les procès nombreux contre des corporations rivales , les (rais toujours croissans d'une administration compliquée , devaient rendre indispensable l'augmentation des impôts; mais le peuple ne comprenait pas cette nécessité , et accusait les magistrats municipaux de cupidité et de malversation dans la gestion des deniers. De là Un procès intenté, devant l'Echiquier de i34a, au maire Roger Mustel, par le commun, qui avait confié ses intérêts à Nicolas Naguet I ; mais la lenteur des procédures de l'Échiquier convenait peu à l'impatience populaire. L'administration, qu'on accusait d'illégalité et de tyrannie, pesait toujours sur la ville. Bientôt des désordres éclatèrent , et nécessitèrent une nouvelle intervention du pouvoir royal. La veille de la St-Pierre-aux-Liens, et le jour même de la fête (3 1 juillet et ieraoût î345), le maire, sire Thomas du Bosc, voulut lever un nouvel impôt. Si l'on en croit la chronique, de Sainte-

1 « Nicolaus Nasguet clericus burgensium Rothomagensium ad querelam motam versus Majorera Rothoinagensera. » Archives du Palais de justice, reg. de l'Echiquier, 1336- 1342, sans indication def\

Catherine , il avait, de concert avec les pairs, trompé la religion du roi , en lui persuadant que les ressources ordinaires de la ville ne suffisaient pas pour faire face aux dépenses. Philippe de Valois avait accordé, d'après cette déclaration frauduleuse, la levée d'un aide de cinq deniers par livre sur le prix de toutes les denrées achetées ou 'vendues; cet impôt devait être perçu dans la ville pendant une année .entière*. A cette nouvelle, le mécontentement fut porté à son comble. Le peuple refusa de payer la taxe, et accusa de concussion le maire et les pairs de Rouen, Au milieu dé tous ces désordres, le gouvernement communal devenait

1 « Ann. MCCC XLV in vigiliâ S. Pétri ad vincula , similiter et in die-ejusdem festi declarâta fuit injtista occasio atque fàlsa procuratio à Majeure ejusdem villae Rothomagi cilna suis complicibus, procurata apud regeni Francise, ad quein fraudulenter deuuntlatùm fuit à pr&dicto Majore cum caeteris pluribus. Occasio tamen talis fuit: anno pradicto dictum fuit domino régi, quod villa Rothomagensis , tantùni erat inexpensis et in niaguis debitis, et in multis gravaminibus detenta, impressa et compulsa quod tailla m iieseieba'nt mec poterant evitâre, et totum erat falsom. - Gredidit dotai nus rex falsoFum verbis , propter <guod motus fuit in effectuai pietatis? et concessit his falsisdictoribus unam irapositïonem super 'vendentes ti emëntès totius villas spatio unius ami durante. Ità quàd omnes vendantes et emeates solverent aequali portione ex utrâque parte, videlicet de viginti solidis quinque denarios. Et ad marginem script u m est: nunc consiliarii villae cum locumteiiente baiftivi , dicto Johâhne Moges, pejus faciunt , hoc anno M Ve XL VI. » Chronicon triplex et unum, f° 162. — La dernière phrase est curieuse ; elle indique Pépoque où la chronique fut transcrite ( 1546 ).

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