‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 26 sur 238 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

impossible. Une ordonnance de Philippe de Valois mit la Commune sous la main du roi1. Ainsi, le gouvernement municipal , déjà suspendu deux fois en iaga et en i3ao, fut encore interrompu en 1 34^. Les luttes de la haute et de la petite bourgeoisie faillirent ruiner la Commune. Le peuple était si violent dans sa haiue contre les pairs , qu'il semblait vouloir sacrifier ses anciens privilèges au désir de la vengeance; mais il ne tarda pas à se repentir de son aveuglement , et à regretter ses magistrats municipaux. Les officiers royaux furent bientôt accusés de tyrannie et de fiscalité. Les bourgeois adressèrent de nouveau leurs plaintes à Philippe de Valois. Entre autres griefs, ils prétendaient que les magistrats nommés par ce prince, dépouillaient de leurs offices les Rouennais qui en étaient légitimement pourvus, et donnaient leurs charges à des intrus. Pour mettre uu terme à ces plaintes et à tous les désordres dont la ville était le théâtre, Philippe de Valois chargea l'évëque (PAuxerre, par une ordonnance, eu date du 18 septembre i345, de se rendre à Rouen , de s'adjoindre le bailli et les autres persounages qu'il jugerait convenable de consulter, afin de terminer ce différend par une sentence définitive a. L'évëque

1 Archiv. municipales * tir. 2 , n° 1.

1 Ibidem; Voyez Pièces justificatives , n° I.

obéit aux ordres du roi, vint à Rouen, et, le a4 septembre, fit appeler devant lui, au château, les gens du commun, et leur demanda s'ils voulaient porter plainte contre le maire et les pairs; sur leur réponse affirmative, il les assigna à comparaître devant lui le lundi suivant. Au jour fixé, les bourgeois se rendirent au château, et, en présence du bailli , remirent à l'évêque une liste de griefs contre l'aristocratie municipale. Ils se plaignaient principalement de ce que le règlement de i3ai, qui avait reconstitué l'administration communale, n'eût pas reçu son entière exécution. Les magistrats municipaux éludaient , disaient-ils , la reddition de comptes, dont l'ordonnance des commissaires royaux leur faisait un devoir ; la complicité des pairs favorisait cette conduite coupable. Ceux-ci ne se rendaient pas aux assemblées prescrites, pour la révision des comptes de l'ancien maire. Quant aux vrucf hommes du commun, l'aristocratie municipale les effrayait par ses menaces, les empêchait de communiquer au peuple les affaires qui le concernaient, quelquefois même négligeait de les appeler aux assemblées. Souvent aussi, la haute bourgeoisie réussissait, par ses intrigues , à faire élire pour/?rad hommes des bourgeois qui trahissaient les intérêts du peuple.

Après avoir entendu les plaintes de la petite

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