CHAPITRE CINQUIÈME. 1G
« par grâce spéciale , le lui avons accqrdé , sa us que ** personne puisse lui reprocher le' retard -apporté «c au paiement,1.» Cette lettre , adressée au Parleraient de Paris, était datée du 29 mars i345, et par conséquent antérieure à l'époque où avait eu lieu, sur te pont au Change, la scène que nous si vous racontée. Cependant , les gens du comte nAen firent pas usage en cette circonstance; ils la réservèrent pour la Saint- Jean -Baptiste, se bornant «Y faire prévenir le procureur de la Commune qu'il devait, à cette époque, se trouver au change de' Pierre Néel.
Ce jour-là, au lever du soleil , Jacques deCroisset se rendit, comme précédemment, au grand pont de Paris, accompagné de deux notaires dont il avait' requis la présente. Us attendirent ,' au change 'de Pierre Réel, l'arrivée des gens du comte. A heure de prime, Jean Chgobbart, que nous avons déjft vu figurer comme procureur de Louis de Nèvèrs',' se présenta, et fit placer sur le change de Pierre Nëel plusieurs sacs oh il prétendait qu'il y avaït deux mille livbes- tournois. Puis, s'adressant K Jacques de Croisse!, il lui dit qu*il vendit pour acquitter la dette du comte de Flandres, et lai montra la charte- de Philippe de Valois , qui autorisait le comte à n'effectuer le paiement qu'à la
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80 COMMUNE DE ROUEN. If PARTIE.
Saint-Jean-Baptiste. Mais le procureur 4es bourgeois répondit qu'il n'était pas tenu .de recevoir cet argent; le terme de Quasimodo, fixé par la charte, était passé, sans que la lettre royale eût éj?ç p&bltée, et il était. trop tard maintenant pour acquitter la dette. Bailleurs, le paiement n'était pa$ effectué dans la forme et avec la monnaie voulue. Après de longues discussions. entre les deux, jtfQçiirçiir$f il fut convenu que l'argent resterait entre les mains dm changeur Pierre Néel, jusqu'à ce que les parties se fussent accordées '. ,.. , •.,.
Dans cet intervalle, le comte Louis de Neye^ périt à la bataille de Crçécy ( i34?) i ^ sa femme conserva seule les villes d'Artois. 1& procès. ççor. tinua devant, le Parlement de Paris, et s'aggrava encore par la violation des epgagemçns que le comte ay^it formellement contractés. Enfin, le Parlement rendit un arrçtqui déclarait que les bourgeois, de Rouen ne devaient payer aucun 4roik à Bapaupie , Calais , ni dansles autres villes du comté d'Artois2.. Mais l? chicane avait alors des détours infinis ,çt la comtesse obtint du roi une grâce, spéciale pour attaquer l'arrêt du. Parlement. ., Cet .interminable, procès allait donc encpre , renaître,: avec. les frais considérables qu'il entraînait , et l'interruption des
' Archives municipales', tir. 92, n° 1.
1 Archiv. muntcip., tir. 2 , n° 1. . , . ,,, ., ,