‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 39 sur 238 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Sise L. Gé& mesures durent diminuer considérablement les i^énéfices des courtiers, et nous voyons, en effet, que»;* 34 7, plusieurs d'eptre eux renoncèrent mu)c bénéfices de leui*s fermes j qu'ils trouvaient onéi'eqses. Le maire voulut s'y opposer; de là «a différend que le roi renvoya au jugement de la <XKir des comptes*.

Cette longue lutte entre les courtiers et le commun n'est pas le seul exemple de rivalité commereiale que nous présente l'histoire de Roueu à cette époque. Le menu peuple était continuellement en défiance dés riches bourgeois, et ne laissait. échapper aucune occasion de les accuser. Ainsi, en i33o, les marchands en détail adressèrent au maire Godefrey Lalleriiand des plaintes contre les marchands en gros: Ils les accusaient d'accaparement. Voici le résumé de leurs griefs: quand les àavires chargés de dehrées arrivaient à Rouen , les riches achetaient eagros lés marchandises, les enfermaient dans leurs magasins, ne les faisaient porter au marché que par petites portions , et les vendaient a un prix exorbitant3. Les marchands en détail igno-

1 foyêz le règlement de l'évéque d'Àuxerre, aux Pièces justificatif», n* 1,

1 Archiv. manie ïp., reg! 5, f° 35.

3 « Pour mielx vendre à leur volonté et plus chier. » Ofdonn . du maire, Archives municipales , tir. 73.

92 COMMUNE m ROUEN. «• PARTIE.

raient le prix réel des denrées, et étaient forcés d -* subir la tyrannie des accapareurs1. Après avoim écouté le menu peuple , le maire appela devant lui les bourgeois inculpés , et écouta leur justification . Puis, avec le conseil des pairs, des prud'hommes et de plusieurs sages, il rendit une ordonnance qui avait pour but de faire cesser l'accaparement- Il était enjoint aux marchands de faire porter les denrées sur la place publique le jour même de l'arrivée des navires; chacun, pourrait alors en acheter selon, ses besoins et ses moyens. ,U n'y avait que les courtiers auxquels, le trafic fût 4éfendu. Les marchands roUennàis ne pouyaiçot loger les étrangers, dans la crainte que des transactions : frauduleuses ne se conclussent dans leurs maisons \ Quant aux courtiers,, ils pouvaient recevoir chez eux les marchands étrangers. Cette ordonnance, émanée du maire, prouve toute l'étendue de son autorité en matière commerciale. Elle ne se bornait pas à eiûpêcher les accaparemens et les fraudes; ce magistrat avait le droit de surveiller les corporations, et même de réformer leurs statuts.

1 « Et par ce les menus marchéans ne pevent savoir que les denrées coustent ne que ils sont vendues. » Ibidem.

2 « Se aucun est raarchéant de la dite marchéandisc, qu'il ne puisse pas hostcler les marchéans estrangers pour les barras ( fraudes ) qui pevent ou pourroient estre fais entre culs en leurs hosticx. » Ibidem.

Page 1