‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 40 sur 238 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Nous en trouvons de nombreux exemples pendant cette époque.

La corporation des fiiassiers, entre autres, occupa plusieurs maires de Rouen. Dès i3o<), Raoul Filleul lui avait donné un règlement ■ ;. Vincent (POrbec le renouvela en 1 3ag a. Mais les abus qu'on avait voulu détruire reparaissaient toujours , et , en i338, le maire, Jean Cabot, fut prié par les filassiers d'y mettre un terme. Il rendit alors une ordonnance qui défendait aux maîtres et maîtresses du métier de filasserie d'avoir des apprentis , s'ils ne pouvaient les faire travailler pour leur compte, et, comme dit naïvement la charte du maire, les avoir à leur pain, à leur pot et à leur œuvre. Le maire enjoignait ensuite d'inscrire, sur les rôles de la ville, les maîtres, maîtresses et apprentis de ce métier; on pourrait ainsi savoir si les apprentis, à I époque où ils demandaient la maîtrise, avaient fait les quatre années d'apprentissage exigées. Plusieurs, en effet, avaient quitté leurs maîtres et maîtresses avant d'avoir accompli le temps d'épreuve , et avaient acheté leur silence. Enfin , le maire exigeait un serment des apprentis; ils devaient jurer d'observer les ordonnances du métier, et renouveler ce serment quand ils seraient reçus

' Ordonnances des rois de France , VII , 633. 5 Ibidem.

maîtres1. Ces minutieuses précautions ne remédièrent pas encore à tous les abus, et, quelques années plus tard, en 1 345, sire Thomas du Bosc, maire de Rouen, fit un nouveau règlement pour là même corporation. Il assignait aux filassier* une halle ou place publique sur laquelle ils devaient vendre leuw marchandises, et dont ils paieraient le loyen, chacun selon ses moyens. Tous étaient .tenus de vendre sur la place désignée ou dans leur maison. Dans le cas où les gardes du métier les trouveraient ea contravention, ils confisqueraient la marchandise, et le filassier serait condamné à une amende de vingt sous tournois ( environ douze francs de monnaie actuelle ). Chaque marchand devait garder à . la halle la place que le sort lui avait assignée,; toute contravention à cette disposition serait punie par, la confiscation des marchandises et une amendé de vingt sous. On ne pouvait, sous peine d'une pareille amende, exercer le métier de filassier sans avoir fait serment d'observer les réglemens de la corporation. Tout filassier nouvellement reçu maître devait payera la ville un droit de vingt sous; s'il était fils d'un maître du même métier, il ne payait que la moitié de cette somme2. Cette dernière disposition révèle toute la pensée des corporations;

1 Ordonnances des rois de France, VII , p. 633 et 634. 1 Ibidem, 634.

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