CHAPITRE SIXIÈME
bourgeois qui composaient la cavalerie municipale, jouissaient de franchises importantes, et surtout de l'exemption des tailles, subsides et impositions. Guillaume des Essarts, maire de Rouen en i3aa, avait confirmé tous leurs privilèges. Mais, lorsque les charges de la ville devinrent plus pesantes, lorsque chaque année , il fallut payer de nouveaux impots pour les fortifications, la Commune se plaignit des franchises des arbalétriers, et voulut les contraindre de payer leur part des tailles et des aides; ils s y refusèrent, et, en 1 34^ y obtinrent de Philippe de Valois la confirmation de leurs immunités1.
Cependant, les querelles continuaient toujours, et, pour terminer toutes les difficultés entre la cinquantaine et les autres bourgeois , le maire, Jean Cabot, leur donna, en 1 347, un règlement qui sanctionnait leurs droits , mais en plaçant leur
1 « De par le collège ou compagnie des cinquante arbeJesticrs de la ville de Rouen , nous a esté humblement supplié que comme il soyent et leurs prédécesseurs ayent esté par lonc temps frans et quittes de toutes tailles faites pour les debtes et les besoignes d'icelle ville , quelconques elles f eussent ou soyent , et d'icellc franchise ayent joy et usé paisiblement par le temps dessus dit , par vertu de certains privilèges octroyés à leurs prédécesseurs par le mayeur , eschevins et bourgeois de la dicte ville , ete. » Archives municipales, tir. 121 , n° 1. Le mot mayeur pour maire, si commun dans d'autres pays , est rarement employé dans nos chartes.
98 COMMUNE DE ROUEN. Il* PARTIE.
corporation sous la main du maire ■• Ils devaient , à toute heure du jour et de k* nuit, s'exposer aux pénis pour la sûreté de la ville. Il fallait qu'ils fussent toujours prdts à entrer en campagne^ cheval de bataille, armure' complète avec heaume, cotte de mailles , brassards, jambarts, flèches et arbalètes, ils devaient tenir tout en bou état pour s'en servir au premier ordre du maire. Si l'un des arbalétrier! manquait à son devoir, il était passible d'une amende laissée à la discrétion de ce magistrat. La cinquantaine ne devait pas sortir de Rouen sans la permission du maire. Le choix des arbalétriers appartenait à l'administration municipale. Quand on recevait un nouveau membre de la cinquantaine, le maître ou capitaine des arbalétriers l'amenait tout armé devant le maire et les pairs. Il jurait d'obéir aux règlemens de la corporation , de tenir toujours ses armes en bon état, de ne jamais les vçndre ni donner, ni prêter, ni engager, et d'obéir au premier ordre de ia Commune. Si la vieillesse ou des infirmités empêchaient un arbalétrier de faire son service, il pouvait se faire remplacer par un homme fort , propre au métier des armes , et armé au gré du maire. Le remplaçant était payé par l'arbalétrier, mais n'avait pas droit aux franchises de la corporation. Quand le maire ordonnait aux arbalétriers de
1 Ordonnances des rois de France , VI , 538 et suivantes.