CHAPITRE SEPTIÈME. 4528— tS«V
La querelle de la Commune et du chapitre se
compliqua encore, en i349? par l'emprisonnement
d an prêtre, Pierre Dufour, sur lequel pesaient de
graves accusations. Les sergenlà du maître l'avaient
arrêté, soi* un ordre de'ce magistrat, et enfermé
dans la prison communale1. Pierre Dufour tenait
un bénéfice du chapitre ,' et n'était justiciable que
des chanoines. Aussi, a fa nouvelle de l'arrestation
de ce prêtre, le chapitre s'émut , et le rédama avec
les prières les plus pressantes9. Mais le maire refusa'
de le rendre *. Alors le chapitre menaça ce magistrat
d'excommunication.' H y avait , en effet , violation
flagrante dès privilèges ecclésiastiques, et le maire,
Robert Alorge, n'aurait pu répondre, comme lavait
fuit précédemment Robert Duchâtei; « si vous
h* 'excommuniez, je me ferai absoudre à vos frais 4. »
0*% un maire ne pouvait s'exposer, sans motifs
P**issans, aux foudi'es de l'Église; Il suffit, pour
s ^n convaincre, : de lire la formule* d'exoommu»
!,|Catiort, que lV>n- répétait tous les dimanches, au
* « Cùm Pctrus de Fume, presbyter, in Rothomagensi ecclesiâ ^^cflciatus, pro aliquibus excessibus per eura pefpetratis, ut "l»! imponebatur, \n carccre majorte Rothomagi inearceratu» ^^titisset. » Manuscrit de la Bibliothèque publique de Rouen , °°**nu sous le nom de livre d'Ivoire , f° 185.
* « Supplicaverimus instanter. » Ibidem. ^ « Quod facere récusa vit. » Ibidem.
4 Voyez plus haut, p. 10S.
sou des cloches et à la clarté des cierges. La voie* telle que nous la conservée un ancien rituel de Saint-Ouen: « Par l'autorité du Dieu tout puissant, du Père, du Fils et du Saint-Esprit, des saints canons de l'Église et de uotre ministère, nous excommunions, anathématisons . et excluons de l'Église tels et tels ( là se plaçaient les noms des excommuniés. ).. Qu'ils ne partagent jamais la gloipe de Dieu ni de ses. fidèles serviteurs, s'ils persistent dans leur iniquité ; que le Dieu tout puissant et ses Saints les accablent de leur malédiction perpétuelle, qui a frappé Satag et ses anges de ténèbres ; qu'ils soient damnés avqc le traître Juda* et Julien l'apostat; qu'ils périssent avec Dèce eilSénou; que le seigneuries juge, comme il a jugé Dathan et Abiron , que la terre a engloutis viyans ; qu'ils disparaissent de la terre des vivans, et qu'il ne reste d'eux aucuu souvenir; que la mort la plus horrible vienne les saisir, et qu'ils descendent vivaps dans les enfers; que leur race disparaisse de la terre; que leurs jours soient courts et mauvais; qu'ils succombent à la faim, à la soif, à la nudité, à toutes les misères, à tous les fléaux et à toutes les tortures; que leurs biens soient maudits; que nulle prière, nulle bénédiction ne leur profite, mais qu'au contraire elles tournent pour eux en malédiction ; qu'ils soient maudits partout et toujours, maudits la nuit et le