CHAPITRE HUITIÈME
« ot préjudice de la Commune , comme le prétend « le maire. .Nous te mandons, bailli , que, si t après « avoir appelé ceux qu'il est convenable de consul - « t«*, ta reconnais que la plainte du maire est fonce dée, tu lui donnes, un sergent pour saisir le pain « qui sera vendu dans les maisons des moines, 9 Donné, à A&nières, ]e 1 4 septembre i34a '• » Le bailli ne jugea pas, sans doute, que le bon droit ftkfc du côté de la Commune, car il laissa les vassaux des moines continuer leur trafic. Le maire se plaignit de nouveau au duc, et demanda, avec plus d'instance, qu'on respectât les privilèges de la ville violés par les moiues. Jean adressa alors une nouvelle lettre au bailli; il lui rappelait ses anciens ozxkes, et terminait en lui enjoignant expressé* m*3iit de les exécuter : « Tu n'as pas accompli notre
* ^volonté, lui disait-il, au grand grief et dommage " *Je la ville et de nous; nous en sommes vivement <€ irrité. Nous t'enjoignons d'observer strictement
* - *ios nouveaux ordres, de point en point, selon
* leur Forme et teneur, de telle sorte que le maipe
** n'ait plus à nous adresser de nouvelles réclania-
** tions*. » Malgré les prescriptions du duc, les
*t*oities éludaient les privilèges de la ville, et leurs
Vassaux vendaient du pain publiquement. Sou-
1 Archives muiiicip., rcg. DD, (° 18 recto et verso. a Ibidem , 1° 20 verso.
f* commune m rouen: h« partie.
vent même le duc revenait sur tes ordres qu'il avait donnés , et c'est un triste spectacle que les variations continuelles des chartes de cette époque, un jour faisant droit aux réclamations de kl Commune, et le lendemain donnant gain de cause à l'abbaye. »••.-.••
Ces injustices finissaient par provoquer des Violences, et les procès de cette époque attestent trop souvent que lesagens subalternes, suivant ou dépassant les volontés de leurs maîtres , remplissaient la ville de désordres. Le maire se faisant justice lui-même, s'empara du blé que Quillaume Dubrocj un des hommes de l'abbaye , portait aux franches aires de Saint-Ouen. En 1 34a > un autre vassal des moines, Guillaume de la Mare, subit le même sort. Le clerc des moulins de la ville, Robert Guififart , saisit la farine qu'il rapportait du motditt de Saint-Ouen. Raoul Trouël, garde du moulin des moines, voulut s'y opposer; mais le clerc de la ville était escorté. Il s'en suivit une mêlée dans laquelle les hommes de l'abbaye furent maltraités. L'un d'eux, Guillaume le Roulenger, fut frappé par Robert le Sénéchal, et eut sa cotte déchirée. Les vassaux des moines poussèrent le cri de ham; mais personne ne vint à leur secours. Robert de Huemesnil , sergent du maire , s'empara de la farine, y apposa son sceau , et l'envoya au moulin de