‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 56 sur 238 · CHAPITRE HUrnJÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUrnJÈME

la ville. Quant aux hommes de l'abbaye, on les enferma dans, la prison communale. Les moines irrités sommèrent vainement le maire de leur rendre les prisonniers. Ne pouvant l'y forcer, ils s'adressèrent au duc, et réclamèrent sa protection, C9^st dans la plainte qu'ils lui adressèrent que se trouvent consignésies détails que nous avons rap~ pcîlés1^

Mais le maire *i'en persévérait pas moins dans ses

attaques; c'était tantôt Robert delà Canchie, vassal

des moines, qu'où arrachait de son lit pour le jeter

brutalement dans ht prison de la Commune; tan»

tôt Jean de la Pierre qui subissait le même sort*;

I^es maifee^reux enfermés dans la prkon du maire

étiaténtinéciatfié^parle^ moines^ et délivrés provi-

sotrewient p&fr le bailli, mais ils n'en avaient pas

«**oii» subi, dans la geôle municipale, une détention

°%* probablement les mauvais traitemens ne leuv

e*aient point épargnés. Du reste, le reproche ne

tombe pas seulement sur la Commune; les moines,

<*^ leur côté, feraient arrêter des bourgeois , et les

Prisons du monastère n'étaient pas moins hideuses

^e celles de la vitte. Un bourgeois, Gautier Avril ,

ayant refusé de comparaître au plaid de Saint-

^Wn, fut enlevé et jeté dans les cachots de lab-

1 Archives municip., reg. DD, f° 8 recto.

* Archives départem. , carton des franches aires de St-Owen.

138 COMMUNE DE BOUfiX. II* PARTIE.

baye '. Il serait facile d'énumérer un grand nombre d'autres actes d'hostilité et de tyrannie , mais ceux, que nous avons cités suffisent pour prouver quels sentimens de haine animaient l'une contre l'autre la Commune et l'abbaye de Saint-Ouen.

Les moines a vaieut, d'ailleurs, d'autres griefs contre les bourgeois. Ils leur reprochaient d'abattre les arbres des forêts, qui leur appartenaient- A. cette époque , les collines qui dominent Rouen étaient encore couvertes de bois. La forêt Verte s'étendait presque jusqu'aux remparts de la ville f et couvrait le quartier connu sous le nom de Champ* des-Oiseaux; il y avait aussi à Bihorel un bois qui dépendait de Saint-Ouen. Le maire sou tint qu'il avait le droit d'y prendre les arbres nécessaires pour la réparation des moulins de la ville, et il s'en empara, malgré la résistance des moines. De là, nouvelle plainte portée au duc, nouveau procès entre l'abbaye et la ville2.

Dès que les moines ajoutaient quelques .travaux à leurs moulins, le maire s'y opposait et ordonnait de les détruire. Souvent il se rendait en personne, avec une forte escorte, aux moulins des moines, et présidait lui-même à ces exécutions. Ainsi, en 1 344» Jean Lefebvre , maire de Rouen , accompagné d'un

1 Archives municipales , rcg. DD , f° 22 recto.

2 Ibidem , f° 15 verso et suivans.

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