‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 58 sur 238 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

qu'an siège régulier eût pu seul forcer, mais il se portait vers Bihorel, et, en abattant les fourches patibulaires des moines , croyait ruiner leur puis* sance. Mais bientôt survenait quelque arrêt qui condamnait les coupables à réparer et payer 'les dommages. C'est ce que l'on vit vers la fin du règne de Philippe de Valois. La violence de la populace, qui avait détruit les fourches de Bihorel * , fut sévè* rement réprimée. Mais le sentiment de haine n'en devint que plus profond, et lors même qu'il n'éclatait pas avec tous les transports d'une rage furieuse, il surveillait, avec une inquiète vigilance, les moindres démarches des moines.

S'agissait-il de fonder une église, comme celle deSainte-Croix-Saint-Ouen, tout auprès de l'abbaye, aussitôt le maire, les pairs et la Commune, prétendaient que' le terrain sur lequel on voulait '* construire était un 'fief laïque, et demandaient une enquête. Ce fut ce qui arriva en 1 34 a i à l'épo-» HP* où les passions éclataient dans toute leur vio- 'ence. Le bailli, sur la requête du maire, s'assura <lue le terrain appartenait réellement aux moines, et Philippe de Valois déclara, par une charte, que 'e domaine dur lequel on élevait Sainte-Croix-Saint- Ouen n'était soumis à aucun souverain temporel a.

1 Hùt. de r Echiquier, par A. Floquet, p. 102. 1 Archhr. mauicip., reg. St f° 48 recto.

132 COMMUNE DE ROUEN. II' PAfiTIE.

Si cette surveillance était minutieuse et inquiète, il fautYeconnaître que les moines semblaient, trop souvent , la justifier par leur conduite. Indépendamment du tort qu'ils faisaient à la Commune en autorisant le trafic de leurs vassaux , ils encourageaient souvent des bourgeois à braver le maire, et à chercher dans leurs maisons privilégiées un asile contre les poursuites de la Commune, et un Heu de franchise qui les dispensait de toutes les cliarges de la cité. Tantôt c'était un bourgeois, Hue FromonU qui refusait d'être garde de paroisse ( quart enier), fonction qu'il avait remplie trois ans auparavant. 11 se faisait vassal .de Saint-Ouen pour échapper à son devoir de bourgeois. Vainement un sergent de la Commune alla lui signifier sa nomination , et apposer le sceau du maire sur sa maison. Fromout, soutenu par le procureur de Saint-Ouen , rompit le sceau et le jeta dans la rue en disant que, s'ils mettaient cent sceaux, il les briserait également , parce qu'il était vassal du monastère1. Un autre -bourgeois, nommé Jean Fane* tel, qui tenait sa maison de la ville, se laissa aussi persuader par les moines d'abandonner la Commune pour l'abbaye. Ils lui promirent qu'il n'aurait plus à payer ni tailles ni prêts s'il devenait leur homme. Il céda et s'engagea à leur donner douze deniers de 1 Arctaiv. ni un ici p., reg. DD, f« VI recto.

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