‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 64 sur 238 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

fils le duc de Normandie, le succès des moines de Féçamp, s'ils gagnaient le procès intenté au maire1. » Malgré les instances du roi, la justice procédait si lentement à cette époque, qu'en i35o, à la mort dePhihppe de Valois , l'Échiquier .n'avait pas encore rendu sa sentence. Les procédures continuèrent sous le règne suivant r et les maires défendirent toujours avec énergie les droits de la Commune»

Ils eurent encore à soutenir, une lutte contre l'abbaye de Bon-Port, située près du Pont-del'Arche, pour les droits féodaux qu'elle prétendait exercer au. Bois-Guillaume. L'abbé de Bon-Port voulait soumettre à sa juridiction plusieurs habitans de ce fief, qui adressèrent leurs plaintes au maire. Celui-ci ordonna de procéder à un record ou enquête, dont les détails nous ont été conservés*.. Sur . l'ordre de Jean Lefebvre, maire de Rouen, trois hommes de loi, Aubin de la Londe, Adrien Fourmentiu et Jean de Saint-Sevestre, prêtre, altourne ou avocat ordinaire de la Commune, se transportèrent au Bois-Guillaume , en 1 344 * P°ur examiner si la maison Aubalnier, où avait été poussé le cri de ham f dépendait de la justice du maire ou d'un fief appelé Vif-Dasne, que les reli-

1 Archiv. municip., rég. DD, Pm, rtfcto. * ttrîdem , f° 39 «recto et vefso.

14Q COMMUNE DE ROUEN. II» PAftlffi.

gieux de Bon-Port possédaient au Bois-Guillaume*» Ils interrogèrent successivement un grand nombre d'habitans, la plupart vieillards , qui constatèrent > par leurs dépositions, que la juridiction de ee Itet} appartenait au maire, et que les moines y avaient seulement quelques rentes acquises à la vente de* biens de bourgeois de Rouen, tels que Jean Othetin et Mathieu Le Gros. D'après ces dépositions , les religieux eux-mêmes avaient reconnu que le fief du Bois-Guillaume relevait du maire , puisque , antérieurement, ils avaient employé les sergens de- ce magistrat pour poursuivre les habitam de ce fiëfy qui ne payaient pas les rentes dues au monastère. Néanmoins , ils faisaient ajourner à leurs plaids tes gens du Bois-Guillaume , et les faisaient poursuivre parleur prévôt. Le maire de Rouen ne refusa pafc sa protection à ses justiciables, qui imploraient l'appui de la Commune contre les prétentions de l'abbaye de Bon-Port ; il en résulta , entre les bourgeois et les moines, un procès qui sfc prolongea jusque sous le règne suivant.

C'était comme seigneurs féodaux que la Cent* munè attaquait les moines de Fécamp et de Béfrt- Port; c'étaient leurà prérogatives féodales qù'éltè combattait , tout en respectant en eux le caractère sacerdotal. La lutte dut, à plus forte raison, prendre un caractère de violence, lorsque la féoda-

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