CHAPITRE NEUVIÈME
les. voies légales, et implorèrent l'appui de l'auto*
nt.é, qui avait concédé à la Commune ses privi-
Jé^»esy et qui devait les défendre. Us s'adressèrent
a*.* roi Philippe de Valois, et, malgré la haute
naissance du sire de Préaux, qui tenait aux plus
illmistres familles de Normandie, le roi ordonna
9 *a'il fut arrêté et emprisonné * . Le sire de Préaux
i** obtint sa liberté provisoire qu'en jurant sur les
&£* ints évangiles qu'il se présenterait à la première
Germination. On exigea même, pour plus grande
s>ûjreté, qu'il livrât un certain nombre d'otages qui
répondaient de lui corps pour corps, biens pour
fc*i«ns. C'étaient les plus grands seigneurs de Nor-
n*andie, Charles et Mathieu de Montmorency,
Ciuillaume Malet, sire de Gra ville, Thomas, comte
de Meulan, le châtelain de Beauvais et un grand
«ombre d'autres *.
Le roi et son fils , le duc de Normandie , chargèrent ensuite trois commissaires de terminer cette querelle entre la Commune outragée et un seigneur Puissant. Pierre de Vilaines et Simon Baudry, 'Bfcîtres des requêtes, et Martin Evrard, se ren- (to-e*it à Rouen, et entendirent, contradictoire- ^ut, le maire et le sire de Préaux. Ils reconnu-
1 A*chiyes municipales , registre £ , f° 38, recto.
n»idem » f* 51 » recto.
If io
rent qu'il fallait à la ville de Rouen une satisfacti*?* éclatante, et condamnèrent le sire de Préaux è faire une réparation solennelle à la Commune, dans la personne du maire et des pairs. On arrêta une formule d'excuse qui devait être lue au nom de ce seigneur, et en sa présence. Au jour fixé , le sipe de Préaux comparut devant le maire, les pairs et une foule nombreuse qui jouissait de l'humiliation du seigneur féodal. Son procureur lut alors la formule suivante, conservée textuellement dans les registres municipaux : « Sire maire, et vous « pairs et bonnes gens de Rouen, il me semble que » vous êtes mécontens de moi pour Robin le Gras, « que j'ai mené prisonnier en mon châtel de « Préaux. Sachez que je ne le fis pas par mépris « pour vous, ni pour affaiblir votre justice, mais « parce qu*il m'avait méfait ; je l'ai fait par colère , « et à tort. Je vous prie que voua me le pardonci niez , et veux être toujours votre bon ami. » lia lecture terminée , le sire de Préaux dit que cette déclaration était vraie, et valait autant que si elle eût été prononcée de sa bouche. Alors le maire , au nom* de la Commune, répondit qu'il lui pai> donnait, et qu'à l'avenir ils seraient bons amis ».
La Commune ne soutint pas seulement ses droits contre le sire dePréauxet d'autres seigneurs voisins;
1 Archiv. m uni ci p., reg. - , f° 38, recto et Terso.